: L’Œil du jardin japonais : Garden in the eye :

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[fr] Les jardins japonais sont tout autant sans doute des paysages réels que des objets mentaux. Comme un photographe ou un peintre voit partout le monde qui l’entoure comme cerné d’un cadre virtuel qui isole la beauté d’une scène, l’extravagance d’un détail, l’irisation d’une atmosphère, comme le poète traduit avec des mots que nul autre n’aurait su choisir le poignant et l’irrémédiable, le peuple japonais intègre la nature à sa vie, se nourrit en permanence de l’éphémère beauté des paysages, des jardins. Pour lui la beauté réside et naît autant dans les lieux sauvages que dans l’urbanité, captée par cette sensibilité et cette ouverture aux choses qui participent des éléments essentiels du shintō (神道), en attribuant à la nature un caractère sacré.

Quelques pistes à explorer, en pas japonais, sur des sentiers de montagne, dans les jardins monastiques, les minuscules jardins (tsuboniwa), et en plein cœur des mégapoles… Quelques tissages d’imaginaires :

Sakura - (c) wabisabi55

Source : wabisabi55.exblog.jp 元気印で咲きましたぁ▼

  • de minuscules instantanés poétiques des maîtres du haiku
  • Saules verts

    Sourcils peints

    Au front de la colline

    (Moritake)

    Sur les brins d’herbe

    Marchez, amusez-vous

    Gouttes de rosée

    (Ransetsu)

    Source : Fourmis sans ombre, le livre du haiku, anthologie-promenade par Maurice Coyaud, Paris, Éditions Phébus, 1981.

  • des fragments capturés par un photographe comme small-talk dans le blog ひつじ雲日記 Stratus.exblog.jp, par exemple ici quelque chose comme l’esprit d’une cascade, et là la note de Sei Shonagon sur le même sujet :

    La cascade d’Otonashi.

    A propos de la cascade de Furu, on a vraiment du plaisir à penser qu’un empereur, après avoir abdiqué, serait allé la voir.

    Les cascades de Nachi sont en Kumano, et j’ai, quand j’y songe, le cœur charmé.

    La cascade de Todoroki. Comme elle est bruyante et terrible !

  • Les jardins de pierres et de sable ratissé (枯山水, karesansui) que nous connaissons tous, métaphores et symboles sublimés de la nature, que l’on peut transporter en esprit et en réduction sur un coin de table, en recréant avec le souci de l’espace, la mise en relation d’objets quotidiens, une feuille, quelques galets, un lieu propice au jardin intérieur. Pour voir de très beaux jardins japonais, suivre, parmi d’autres sources, ces liens : The Japanese Garden, un site très complet du Bowdoin College, Brunswick, Maine et celui de l’architecte Mark Peter Keane.
  • Jardin de pierres et galets - FuroshikiBlog 2008Neige à Kyoto et pierre figurée - FuroshikiBlog 2008
  • Photographies de FuroshikiBlog, 2008 : Jardin de galets – Pierre-Lion devant un paysage de neige

  • Pour la surprise, parmi d’autres (billet à faire), le regard d’une Japonaise en France qui a parfois, (mais pas toujours) un beau brin d’œil, En Ville qui danse*, voir par exemple ses captures de Paris.
  • Pour rêver dans des jardins parfumés, suivre l’invitation au voyage du site Tadaya, en animation flash 多田屋. N’hésitez pas à cliquer sur les éléments de la barre de menu (sur fond noir) en bas de la page d’accueil : vous libèrerez des paysages étonnants qui s’enroulent et de déploient sur l’écran ! Tadaya est le nom d’une auberge traditionnelle japonaise.

L’écriture de ce billet est due à l’incitation de Vanessa pour la série Passeurs d’imaginaires.

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[en] Japanese gardens are real landscapes but also mental objects. A photographer or a painter sees the world all around as if it were always « framed » to enhance its quality : his mind sees and focuses on the beauty of a scene, the extravagance of a detail, the irisation of an atmosphere. A poet unveils life, with words no one would have chosen, as a passionate and irremediable theater. In the same way, Nature is essential for Japanese people. It is deeply integrated into one’s life, through the transitory beauty of trees, flowers, rivers, mountains, and gardens. Beauty is seen as much in the wild as in the urban places. This feeling about Nature is one of the essential components of the shintō (神道), which involves the worship of kami.

Kyoto, Daisen-In - Japanese zen garden

Source : Kyoto, View of the Daisen-in stone garden. Photograph by Ivanoff, July 2006.

  • Nature and gardens as seen by haiku masters

plank bridge
clinging for their lives
ivy vines
(Basho)

in the icy moonlight
small stones
crunch underfoot
(Buson)

along the mountain road
somehow it tugs at my heart
a wild violet
(Basho)

a note from the bell
a cry from the water fowl
and the night darkens
(Issa)

Source : Haiku : poetry ancient and modern, an anthology compiled by Jackie Hardy, Tuttle publishing, 2002.

  • Fragments and details catched by a photographer. See small-talk, and his blog ひつじ雲日記 Stratus.exblog.jp, for instance these images that show what could be told the spirit of a waterfall.
  • Rock and sand gardens (枯山水, karesansui) express nature through symbolic design and elements. To learn more about beautiful zen gardens, follow these links : The Japanese Garden, from Bowdoin College, Brunswick, Maine et architect Mark Peter Keane’s site.

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: La neige à Kyōto : 京都の雪 :

[fr] Jamais vu, croit-on, quelque chose d’aussi beau… Jusqu’à une autre prochaine neige, jusqu’aux futurs éblouissements de cerisiers, jusqu’aux palettes somptueuses de l’automne envahissant les flancs des collines et des forêts.

yoshiminedera.com

Cependant, si vous voulez bien découvrir le cheminement du photographe à l’oeil poète et sensible easykyoto
easykyoto.exblog.jp
lors ses deux derniers billets, dans le silence, le blanc, la solitude parfaite, le monde soudain vide et n’existant que pour celui qui en capte la beauté, au temple Yoshimine Dera de Kyōto, suivez ces liens : nothing but me et circulation . Lien vers son photoblog [ja] Spice of Life 京の街角

C’est là vraiment l’un de mes favoris. Un autre regard à suivre également [ja] Stratus ひつじ雲日記 dévoilant un autre regard sur la neige 轍を描いて
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: Kyoto International Manga Museum :

Kyoto International Manga Musem

[fr] Le Musée international du manga à Kyoto (Kyoto International Manga Museum : 京都国際マンガミュージアム) a ouvert en novembre 2006. Site en japonais, anglais, chinois, coréen.

Hokusai - Manga
Planche de la Manga de Katsushika Hokusai (1760-1849)

L’intérêt pour les manga de même que leur étude se sont développés aux États-Unis et en Europe dans le courant des années 1980, mais ce n’est qu’à partir de 2000 que les manga ont été pleinement reconnus comme courant artistique majeur au Japon. Cette prise de conscience, au niveau gouvernemental et sur le plan éducatif, a favorisé la création de ce musée à Kyoto, ainsi que la recherche universitaire, en particulier à la Kyoto Seika University, où il existe un département spécialisé sur les caricatures et la bande dessinée.

Kyoto International Manga Musem - Entrée
Kyoto International Manga Museum – Entrée du musée

Expositions, rencontres, conférences, ateliers sont organisés régulièrement, tandis qu’une bibliothèque spécialisée met à la disposition des chercheurs une collection existante d’environ 200 000 documents, comprenant des pièces historiques anciennes et des oeuvres contemporaines populaires éditées au Japon et des chefs d’oeuvre de la bande dessinée dans de nombreux autres pays. Le Musée prévoit d’enrichir sa collection en 2008 de plus de 300 000 numéros, couvrant aussi bien des éditions publiées après l’époque Edo, des manga étrangers, des magazines, des films d’animation, etc. et de constituer la collection la plus importante au monde dans le domaine des manga.

Voir aussi : The Kyoto International Cartoon Exhibition

Audin Avoine (France), Prix 2002
Audin Avoine, Kyoto International Cartoon Exhibition 2002
Parmi les ouvrages récemment publiés sur les manga :

  • Brigitte Koyama-Richard, Mille ans de manga, Flammarion, 2007. ISBN : 978-2-08-120063-0. L’auteure est une spécialiste de l’art japonais, professeur à l’université à Tokyo, qui situe les manga dans une véritable perspective historique. S’appuyant sur des constantes de l’esprit japonais, comme l’humour, le monde surnaturel, les monstres (yôkai), elle fait remonter l’origine des bandes dessinées japonaises aux peintures anciennes et aux rouleaux enluminés (emaki), puis en retrace l’évolution, en passant par l’époque Edo, le rôle de la Manga d’Hokusai, les premiers véritables magazines, les influences étrangères et le développement au vingtième siècle (Tezuka, Matsumoto, Taniguchi Jirô, etc.). Également édité en anglais : One thousand years of manga ISBN : 978-2-08-030029-4 – EAN : 9782080300294
  • B. Koyama-Richard, Mille ans de manga, 2007

  • Manga. Hokusai. Édition et présentation par Jocelyn Bouquillard et Christophe Marquet, Bibliothèque nationale de France / Seuil, 2007. ISBN BnF : 978-2-7177-2381-6 – Seuil : 978-2-02-093321-6. Très belle sélection d’une soixantaine de planches de l’édition originale en quinze volumes, comportant près de 4 000 gravures sur bois.
  • Hokusai - Manga, BNF / Seuil 2007

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