Conte de la belle O-Sayo et de la plage qui pleure

[fr] Dans les temps anciens, dans la province de Noto, au bord de la Mer du Japon, vivait un paysan nommé Jirosuke. Il n’avait qu’une fille, d’une grande beauté. Comme la famille était très pauvre, elle se résolut à la vendre à une maison de thé, où elle fit son apprentissage pour devenir une geisha.

Elle fut ensuite envoyée à Edo et se retrouva dans le quartier des plaisirs à Yoshiwara, où elle devint l’une des geishas les plus réputées. Comme elle excellait dans tous les arts, elle fut élévée très rapidement au grade de Tayu, réservé aux courtisanes de grande classe. Elle prit le nom de O-Sayo qui témoignait de son rang. Les grands seigneurs versaient alors mille ryo pour l’inviter à une soirée, ce qui était une somme considérable, les plus belles femmes étant couramment réservées pour deux cents ou trois cents ryo.

Tayu

Un marin, nommé Juzo, originaire de sa province natale, parvint à rencontrer O-Sayo dans la maison de thé et il en devint amoureux. O-Sayo en fut éperdument éprise. Un jour, Juzo repartit vers Wajima, sans l’emmener. O-Sayo, tourmentée, fit un long voyage à travers les montagnes du Japon pour le retrouver. Sur son chemin elle ne cessait de questionner tous ceux qu’elle rencontrait, en leur demandant des nouvelles de son amant. Arrivée enfin, elle apprit que Juzo vivait entouré d’autres femmes et comprit qu’il l’avait oubliée.

À moitié folle d’amour et de haine, elle s’en retourna vers le village de son père, Tsurugiji, au bord de la mer. Pleurant et pleurant, elle se jeta à l’eau et se noya. Son esprit malheureux et plein de ressentiment s’en vint errer sur la plage. Depuis, le sable se mit à geindre sous les pas des villageois. Dans le dialecte de la région, « Gomeku » veut dire pleurer ; c’est ainsi qu’on désigna la plage sous le nom de « Gomeki-Hama », ou « la plage qui pleure ».

Les villageois élevèrent à Wataze un petit sanctuaire qui surplombait la plage de Tsurugiji pour apaiser l’esprit de la malheureuse O-Sayo. La silhouette sombre du torii se détache sur le ciel en haut de la falaise.

Source : Traduction française par FuroshikiBlog d’après la page en anglais du site du Professeur Miwa Shigeo. (http://homepage2.nifty.com/singingsand/sand/e_gomeosayoo.html) : attention, ce lien n’est plus actif.

Mise à jour du 18 août 2008 : Le lien indiqué et visité en 2007 sur le site de Miwa Shigeo étant aujourd’hui inaccessible, y compris sur InternetArchive, il est remplacé par une copie de la page sauvegardée par nos soins, mais sans les illustrations d’origine, malheureusement. The Tragic love legend of O-Sayo

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