: choses qui réjouissent :

[fr]

Enfin, aujourd’hui 22 juin 2013, le Fujisan est inscrit sur la Liste du patrimoine mondial de l’Unesco.

fujisan_unesco

: Ohno Kazuo – 大野一雄 / Mime Marceau – マルセル・マルソー :

[fr] Jetons une fragile passerelle entre la France et le Japon, nourrie de l’émotion créée par les grands artistes que sont Ohno Kazuo (1906-2010) et Marcel Marceau (1923-2007).

Tous deux de leur visage blanc marqué de noir, de leur corps éloquent, de tous leurs gestes et leur art poussé à l’extrême, disaient des choses vibrantes que tous pouvaient recevoir et entendre dans leur tréfonds le plus secret, par une écoute ouverte.

Aujourd’hui 17 juillet a eu lieu une cérémonie intitulée Bravo ! en hommage au danseur japonais. N’est-ce-pas une belle façon de célébrer leur art que de les associer dans ce billet ? Nous ne sommes pas dans les mêmes domaine et champ d’expression, mais le rapprochement me semble fécond.

Le mieux cependant est de les voir évoluer sur ces petites lucarnes embarquées qui nous restituent — en partie — la fleur de ce qu’ils ont exprimé en public. On trouve énormément de vidéos en cherchant. Pour Ohno, le mieux est quand même de consulter celles du site officiel, et de lire ces belles pages dans Vacarme et le NY Times. Pour le Mime Marceau, on recommandera une archive de la Télévision suisse romande.

Pour des questions de droits, il aura fallu renoncer à sélectionner une galerie de photos de ces artistes. Elle n’est pas difficile à retrouver en cherchant sur le web.

: Camaïeu de verts : Colors of green : 葉叢(はむら) :

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[fr] Construire, avec des morceaux de nature, un grand tapis de verts, comme Kurita Kôichi aligne sur le sol des terres colorées multiples et subtiles.

Et admirer, à travers ces photos prises par Tanaka Juuyoh entre mars 2002 et octobre 2009 : wasabi, menthe, rizière, lotus, hosta, cryptomère, mousse, fougère…

Sans doute le printemps est-il vraiment la saison du vert, des verts, émergeant tendrement dans des fiançailles avec le blanc ou le rose, alors que l’été consacre leur rayonnement somptueux mais les fond davantage.

Pour voir la page originale de Tanaka Juuyoh (田中十洋), et son album Flickr sous licence Creative Commons, c’est ici !

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[en]

Follow the colors of green with details of pictures taken by Tanaka Juuyoh, leading to a leaves carpet: wasabi, mint, rice field, lotus, hosta, cryptomeria, moss, fern…

To see the original page: Tanaka Juuyoh (田中十洋), on Flickr, Creative Commons licence, here !

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[ja]

TANAKA Juuyoh – 田中十洋
Leaves carpet / 葉叢(はむら)
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: Choses d’hiver :

Asama-yama - cc Tanaka Juuyoh

[fr] L’hiver poétique a débuté depuis quelques jours : le 7 novembre, ainsi que le rappelle Seegan Mabesoone aux haikistes francophones.

Il était temps de mettre en place l’image d’en-tête saisonnière que voici là-haut. C’est une de mes préférées…

Et voici quelques-unes de ces choses d’hiver que je me plais à relever : plus souvent désormais la jolie « geisha » du Weather Pixie, dans la colonne de droite, enfilera son kosode vert olive, puis cet autre rouge profond à doublure jaune orangé, et à mesure que la température s’approchera de zéro, elle arborera le bleu très clair, couleur menthe glaciale.

Choses à sentir : l’odeur de la terre, l’air humide, la nuit qui tombe vite, le bonheur de la lampe quand on lit.

Marcher d’un pas vif, encore sans manteau.

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Source image :  galerie de photos Flicker de Tanaka Juuyoh : 田中十洋, licence Creative Commons. Photo prise le 7 novembre 2009.

: Fileuse au pied du Fujisan :

[fr] Intrigante, cette photographie. Elle donne envie d’explorer et d’ouvrir toutes ses portes, aussi conventionnelles soient-elles.

Girl with spinning-wheel

Il s’agit d’une scène posée, prise dans l’atelier photographique T. Enami, à Yokohama. Sur le site (en anglais) consacré par Rob Oechsle au photographe Enami Nobukuni (江南 信國) , on apprend qu’il s’agit « d’une plaque pour lanterne magique, datant des années 1892-1895, utilisant en fond un décor de l’atelier du photographe ». L’image reproduite est un tirage sur papier albuminé (davantage de détails ici).

La jeune fille actionne un rouet à main posé sur le sol. Il est actionné de la main droite, tandis que la main gauche contrôle la torsion du fil avant qu’il ne s’enroule sur le fuseau. Difficile de savoir si le modèle avait une pratique de cette technique, ou si elle a simplement joué au mannequin… tout en regardant le photographe immortalisant sa pose, avec une image du Fujisan à l’arrière-plan, derrière les fusuma ouverts.

Autre étonnement : le motif ornant le kimono. On y voit un motif circulaire, qui évoque d’abord, sans trop chercher, l’image du chrysanthème (kiku). Mais en explorant les kamon, on se rend très vite compte que cela ne peut convenir car l’extrémité des éléments en cercle est retroussée. Ce n’est pas non plus un soleil. C’est en pensant à la roue que le motif se dévoile — peut-être — et ce avec d’autant plus de vraisemblance que le motif choisi serait alors vraiment en harmonie avec la scène photographiée. Ne serait-ce pas une roue en effet, mais alors celle du rouet, dont les pales en bois stylisées se déformeraient visuellement avec la vitesse ? Et les grandes lignes ornées de « virgules » qui courent verticalement sur le tissu du kimono, ne serait-ce pas le fil progressivement étiré, torsadé ? Je n’ai pas rencontré ce motif dans les listes consultées. En revanche, on peut rencontrer des bobines de fil ; ailleurs, un haori (récent) portant des motifs liés au filage : suivre ce lien. Qu’en pensez-vous : coïncidence ou volonté du photographe ?

Pour voir d’autres fileuses en action, on peut consulter l’intéressante collection de photographies anciennes de la bibliothèque de l’Université de Nagasaki, les voici en mini-galerie.
Cotton-spinning
An old couple spinning cotton
Two women loom cotton on a spinning wheel
Spinning
Spinning

Pour en savoir plus : voir ici un rouet assez proche actionné par une vieille fileuse népalaise. Le musée historique Toyota de la ville de Nagoya, consacré à l’industrie et à la technologie (Toyota Commemorative Museum of Industry and Technology), présente l’évolution des arts textiles au Japon, depuis le filage à la main, le rouet, le métier à tisser primitif (koshibata), jusqu’aux machines textiles les plus modernes. Voir la page en anglais et en japonais (avec photographies).

Sources : Le site de Rob Oechsle et les pages flickr sur T. Enami, Wikipedia, The Spinning Wheel Sleuth et ses faq, Japan Emblem Library, le musée Toyota de Nagoya (TCMIT) et les belles photos anciennes de l’Université de Nagasaki.
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: Mémoire de la terre : Soil memory : Kurita Kôichi : 栗田宏一 :

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collection-de-terres1

[fr]

Kurita Kôichi – 栗田宏一

Chacun des moments, chacune des actions, expositions, manifestations… de cet artiste japonais né en 1962 dans la préfecture de Yamanashi (Honshū) est un concentré du monde dans quelques poignées de terre. Sa démarche, apparemment minimale, est raisonnée, rigoureuse et entièrement cohérente.

La terre existe en un nombre illimité de couleurs, qui sont dues aux combinaisons complexes de différentes formes de vie.

On ne s’étonnera sans doute pas de découvrir chez un artiste japonais une attention aussi grande aux choses de la nature, et à l’élément le plus humble, le plus ignoré : la terre aux couleurs multiples. Dans cette vidéo, tournée à l’occasion de sa présentation « De la terre à la terre », à Poitiers en 2006, et réalisée par Jeremy Hayes, la démarche de Kurita Kôichi transparaît, lumineuse, évidente, avec un pouvoir de conviction très fort et très serein.

Pour en savoir plus, nous avons listé ci-après une série de liens commentés pour découvrir le travail et les réalisations de Kurita, « collecteur de sols », à travers quelques glanes, reflets très incomplets de son parcours.

  • Site personnel de Kurita Kôichi

Soil Library : carnet journalier de l’artiste, en ligne, avec biographie et liste des expositions, notes photographiques, instantanés d’émotions, archivage de poignées de terres, etc. En anglais et japonais.

On peut y voir par exemple, dans un récent billet, les lieux de la préfecture de Niigata, au Japon, où des échantillons ont été prélevés. La collection de terres de Kurita Kôichi, du monde entier, se compte en dizaines de milliers…

Soils in Japan

  • Livre pour la jeunesse

[Couleurs de la terre au Japon] Colors of soil in Japan

by Koichi Kurita, illustrated by Koichi Kurita. Tokyo, Fukuinkan Shoten Publishers, 2006. Titre original : たくさんのふしぎ – 土の色って、どんな色?Ouvrage publié en japonais.

De quelle couleur est la terre, à ton avis ? Noire ? Marron ? Fais davantage attention à l’endroit qui te porte, où tu te tiens debout. Tu seras surpris de découvrir que la terre a plein de couleurs différentes. Ouvre ce livre et ce livre ouvrira tes yeux aux multiples couleurs de la terre. Lis-le et puis, regarde autour de toi. Prends plaisir à découvrir les couleurs des terres dans le livre et dans la nature. Tu vois, elles ne sont pas seulement brunes, mais jaunes, grises, roses et même blanches !

  • 1996

Memory of the soil : documentaire de Shiozaki Toshiko, présenté au Yamagata International Documentary Film Festival. Texte en anglais.

  • 2001

Portrait : fiche de l’émission télévisée du 23 novembre 2001 par MBS (Mainichi Brodcasting System). Texte en japonais et diaporama de huit photographies, dont une devant sa « bibliothèque de terres ».

  • 2002

Exposition personnelle : Inax, Gallery 2, Tokyo, Japon. Sélection de terres japonaises, à partir d’une collection d’environ 10 000 échantillons. Photos. Texte en japonais.

  • 2004

Exposition Yellow : Meguro Museum of art, Tokyo, Japon. Parmi d’autres objets naturels et artistiques autour de la couleur jaune, comme des cristaux de soufre, boîtes décorées inrō, kimonos brodés, peintures, la collection de terres colorées : « 1000 yellows » de Kurita. Photos. Texte en japonais.

Exposition petites natures ? : Maison de la culture du Japon, Paris, France. Installations de Kôichi Kurita et Yoshihiro Suda, à l’occasion du premier programme d’artistes en résidence de la MCJP. Il s’agit de la première présentation de ses œuvres en dehors du Japon. Le petit catalogue est encore disponible (6 €), avec un beau texte de Dominique Truco.

  • 2005

The Kyoto Shimbun : Article sur la démarche de l’artiste et ses installations au temple Honen-in et au Kyoto Art center : alignements coniques et rectangulaires de terres colorées et, plus rare, chemin de vingt-cinq fleurs blanches de camélia devant la statue du bouddha Amitabha. Photos et texte en japonais.

Exposition personnelle : Minokamo City Museum, Gifu, Japon. Le public est invité à participer à la collecte des terres du district du Tōkai. En dehors de l’aspect esthétique, l’accent est mis sur la terre « sous nos pieds ». Ateliers de découverte. Photos et texte en japonais.

Kôichi Kurita, filmé par David Guedj : Arte, Die Nacht / La Nuit, #44, diffusion le 27 septembre 2005. Voir un lumineux extrait du film (real video – 5mn06)

Biennale d’art contemporain de Melle : Melle, France. Terres de France et de Poitou-Charentes. À cette date, on évoque le nombre de 32 000 prélèvements effectués par Kurita dans le monde.

Chaque prélèvement n’excède jamais une poignée de terre. Elle sera séchée, broyée, tamisée, répertoriée puis conservée pour augmenter la gamme chromatique sans cesse croissante, matière première de minimalistes « mandalas » composés par Kôichi Kurita. La couleur est aussi une matière : calcite, oxyde, kaolinite, bauxite, plomb noir…

  • 2006

Echigo-Tsumari Art Triennial, Niigata. Voir un témoignage de la réalisation de Kurita Kôichi, photographiée par l-v-l le 2 août 2006, en ligne sur son compte flickr, en licence Creative Commons.

  • 2006-2007

Projet de Bibliothèque de terres du Poitou-Charentes [et] De la Terre à la Terre : Poitiers, France. Invité par la ville de Poitiers, Kurita développe le projet initié en 2005 à la Biennale de Melle. En voir plusieurs échos :

L’Actualité Poitou-Charentes

Académie de Poitiers

et le bel hommage au « ramasseur nomade des sols » par François Bon dans le tiers livre, avec des photographies de Dominique Truco et Kasuko Kurita.

(…) Il s’est posé comme un oiseau, là où la tension de la terre est telle que rien ne signale plus son propre poids, sa propre emprise. Il est armé de l’absolue non arme, non pas bêche ni pelle ni rien d’aratoire, mais l’humilité de cette cupule de bambou, venue aussi de ses temples. On dirait, la cupule pleine, dans le geste du danseur, ou le mouvement d’acrobate de l’homme oiseau se séparant de l’univers tellurique, qu’il remercie de l’offertoire : non pas lui qui a pris, mais la terre qui a donné. (…)

  • 2007

The Museum of Modern Art, Wakayama, Japon. Evocation sur un blog (en japonais) d’un atelier animé par l’artiste. Son attention au public et ses qualités pédagogiques sont très visibles sur les photographies prises dans ce type d’intervention.

  • 2008

Art Court Gallery, Osaka. Notice en anglais et photographie d’une belle collection de terres alignées dans des tubes bouchés par du liège.

  • 2009

Terres du Centre, centre de la Terre : Abbaye de Noirlac, France

Du 1er août au 20 septembre 2009

Cet artiste japonais de renommée internationale collecte depuis 1991 des milliers d’échantillons de terre du monde entier. Par son œuvre, il donne à voir l’étendue de la beauté de la terre et l’incroyable diversité de ses palettes chromatiques, infinies et naturelles. Invité en résidence à l’abbaye de Noirlac, il constituera une « Bibliothèque des terres du Centre de la France » qu’il présentera tout l’été dans certains espaces de l’abbaye.

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[en]

Kurita Kôichi – 栗田宏一

Kurita Kôichi’s manner, actions and exhibitions are all related to the soil. In each colored handfull from many varieties of soil, this Japanese artist considers the very image of nature, and of the entire world. His life has been dedicated to creating his Soil Library.

There are unlimited colors in soil caused by the complex combinations of various forms of life.

  • Here are some details about his artistic project.

Soil Library : personal blog, with biography, lists of exhibitions, works in residence and daily photographic memories. In English and Japanese.

Colors of soil in Japan by Koichi Kurita, illustrated by Koichi Kurita. Tokyo, Fukuinkan Shoten Publishers, 2006. Original title : たくさんのふしぎ – 土の色って、どんな色. Published in Japanese.

What color, do you think, soil is? Black? Brown? Pay closer attention to what you stand upon, and you will be surprised to realize that there are many different colors of soil. Open the book and this book will open your eyes to the colors of soil. Read on and look around, enjoy the variety of the colors of soil in and out of the book; they are not just brown, but yellow, gray, pink and even white!

Memory of the soil : by Shiozaki Toshiko, Yamagata International Documentary Film Festival, 1996. English and Japanese presentation.

Memory of the soil

An unpretentious documentary centering on the lives of two conceptual artists and potters in Kofu, Japan. The film shows them as they shape and fire clay pots, search for sacred round stones, collect soil samples for their exhibits, and hunt for ancient pottery fragments in a nearby field. By the end, the viewers too will be fascinated by the soil’s long memory, its traces of life and culture, its myriad colors and textures.

Portrait : TV brodcast on November 23, 2001 by MBS (Mainichi Brodcasting System). Japanese text and gallery of 8 photographs, one of them showing Kurita in front of his « soil library ».
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[ja]

土の記憶 – 栗田宏一

  • 1996

土の記憶 監督:塩崎登史子

  • 2001

第47回 2001年11月23日 ”栗田宏一”

  • 2003

「国際芸術センター青森」

秋のプログラム アーティスト・イン・レジデンス

佐々木宏子展1967-2002

2002年9月14日-10月6日

日本女性会議2002あおもり併催事業

ジェンダーとグローバリズム/柔らかな普遍性

: Hiroshima mon amour : 二十四時間の情事 :

[fr] Écouter ce samedi 28 mars, dans Projection privée, Emmanuelle Riva parler avec Michel Ciment sur France-Culture. Évocation de sa rencontre avec Alain Resnais, du tournage en 1958 du film Hiroshima mon amour, de son immersion totale dans Hiroshima en reconstruction, de l’énergie qu’elle ressentait, des enfants souriants et de la multitude de photos qu’elle avait prise alors.

Écouter sa voix et rappeler en soi, de ce film vu il y a assez longtemps,ce qui remonte à la mémoire. Quelles traces ? S’interdire de chercher sur internet quoi que ce soit avant d’avoir écrit ces quelques lignes : le noir et blanc, les déambulations du couple, émouvant, la quasi absence de paroles, la construction d’une bulle intemporelle, l’urgence et la poignance de l’amour. Elle : le visage penché, encadré des cheveux lâchés. Lui : grave, tendre.

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Chercher alors un photogramme, en choisir deux et les charger dans ce billet. Épure incandescente de l’image. Se rappeler le texte de Duras. Se souvenir un peu plus du film comme un trésor rayonnant et inaltérable. Comme une lame de sabre. Ressentir là un pont entre France et Japon…

Elle : Emmanuelle Riva. Lui : Okada Eiji 岡田英次

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Les photos prises par Emmanuelle Riva, qu’elle avait gardées si longtemps sans beaucoup les montrer, sont à l’origine du livre Tu n’as rien vu à Hiroshima qui vient de sortir aux éditions Gallimard.

Plus sur le film (en japonais et en anglais) sur le site de l’Osaka European film Festival.

À venir, du 14 au 18 avril, à la Maison de la culture du Japon à Paris, pour le cinquantenaire du film, une projection de Hiroshima mon amour, avec un programme de films japonais tournés entre 1945 et 1958, et une exposition des photographies d’Emmanuelle Riva. À ne pas rater !

Photos : © Argos Films

Les photographies d’Emmanuelle Riva ont été publiées pour la première fois en 2008 au Japon, par Inscript, sous le titre : Hiroshima 1958, by Emmanuelle Riva.

Hiroshima 1958