: Le pont flottant de la mort :

Kazura-bashi - CC world waif

[fr] À un moment ou à un autre, on croise, de plus ou moins près, la naissance ou la mort. Et ce peut être sur des chemins (épingles ou aiguilles ?) plus tortueux que souhaité. Naissance sous monitoring et autres techniques invasives, fin de vie plus que médicalisée, que ces moments sont aujourd’hui dépouillés de leur sens, de leur profondeur, de leur vérité symbolique, spirituelle… réduits à des séquences, des phases, des procédures. Manque de douceur, de contact peau, de communication sans parler, sans avoir peur du silence.

Kazura-bashi - CC world waif

Aux mourants, offrons, autant qu’il nous est possible, même par instants volés, des choses simples : une chambre qui soit comme une forêt où l’on peut se perdre (puisque c’est de ça qu’il s’agit quand quelqu’un « part »), calme, sombre, bruissante ; des oreilles qui écoutent et une attention de tout l’être par-delà la parole ; des sourires comme rosée ; des regards comme des papillons. Et cette fleur qu’ils ne verront pas forcément, mais qui distille dans la chambre son impalpable sourire, comme celle placée au chevet du blessé horriblement mutilé de Johnny got his gun.

Et aidons-les à prendre le chemin. Qu’il soit celui de la montagne, comme dans La Ballade de Narayama, celui de la mer aux vagues endormeuses, ou encore du pont entre deux rives où l’on s’avance toujours seul, faible, nu. Que la brume les accompagne, et non la lumière crue, le bruit de l’eau, et non celui des moniteurs, le souvenir des caresses sur la peau et non les aiguilles et les tubes invasifs.

Giron du songe
Avancer à pas très lents
vers quoi ? — sans pensée


Source : galerie de world waif, CC sur Flickr / Johnny got his gun, 1971 / Maria Casarès (merci à « El sí mágico »)

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: 源氏物語 – 五島美術館 : Genji Monogatari illustrated handscroll from the Gotoh Museum : Emaki du Dit du Genji :

Read this post in English : Lire ce billet en français
[ja] 源氏物語絵巻 絵4面詞9面 – 国宝
国宝『源氏物語絵巻』を所蔵することで名高い五島美術館は、東京急行電鉄(東急)を創設した実業家五島慶太の美術コレクションを保存展示するため、五島の没した翌年の1960年に設立された。
五島美術館が所蔵する主な名品を分野別にご紹介いたします(内容は随時更新及び追加していく予定です)。

Genji 06 - Gotoh Museum, Tokyo

五島美術館は、東 急電鉄の元会長・五島慶太翁(1882―1959)が半生をかけて蒐集した日本と東洋の古美術を根幹に昭和35年(1960)に開館した私立の美術館で す。美術館設立を 決意した慶太翁は、開館直前に国宝「源氏物語絵巻」・国宝「紫式部日記絵巻」を購入します。

源氏物語絵巻五島美術館 源氏物語絵巻と復元模写

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[en] Genji Monogatari illustrated handscroll from the Gotoh Museum, Tokyo
The twelfth century Illustrated Handscroll of The Tale of Genji ranks as a masterpiece in Japanese. Only sections from three of the scrolls handed down in the Ōwari branch of the Tokugawa family (now in the Tokugawa Art Museum in Nagoya) and from one scroll long held by the Hachisuka family (now in the Gotoh Museum) survive today. These are the earliest known paintings, and in fact earliest extant text, of The Tale of Genji. They are listed as one of the National Treasures of Japan.
Details of Genji Emaki in the Gotoh MuseumHandscroll – Gotoh Museum (Japanese page)

Page from Genji Monogatari EmakiGenji Monogatari Emaki restored - NHK

To get an idea of the original colors of the paintings as they have been electronically restored through a NHK restoration program in 1999, one can have a look at this post from torutoru with some very colorful details ! [Update 26-01-2009 : site protected, access denied]

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[fr] Le Genji Monogatari Emaki du Gotoh Museum de Tokyo et sa restauration virtuelle
L’emaki (絵巻, litt. « rouleau dessiné ») est un système de narration horizontale illustrée dont les origines remontent à l’ère Heian (平安時代), au Xe siècle au Japon. Le plus célèbre emaki japonais est celui qui illustre le Genji monogatari (源氏物語), peint vers 1140 et s’inspirant du roman écrit par Murasaki Shikibu, dame d’honneur de l’impératrice Akiko. Il n’en subsiste aujourd’hui que des fragments, à savoir trois rouleaux ayant appartenu à la branche Ōwari du clan Tokugawa family (Tokugawa Art Museum, Nagoya) et un rouleau ayant appartenu au clan Hachisuka (Gotoh Museum, Tokyo). Ces pièces ont été inscrites en 1952 au rang de Trésor national du Japon.
Les fragments du Genji Monogatari emaki conservés au Gotoh MuseumEmaki – Gotoh Museum (en japonais)

Yugiri -Gotoh Museum
Genji Monogatari, Illustration du ch.39 — 夕霧 Yūgiri (« Brouillard du soir »).
Yugiri 57 – NHK [site inaccessible 26-01-2009]

Leur fragilité ne permet pas à ces œuvres extrêmement précieuses d’être manipulées et exposées.  Un programme scientifique de la télévision japonaise NHK, visant à leur préservation, lancé en 1999, a permis l’analyse des peintures aux rayons X, et une restitution virtuelle des coloris et nuances d’origine. Un ouvrage et un DVD permettent d’admirer le résultat, dont des exemples figurent sur un billet de torutoru, qui est à l’origine de celui-ci. Même prévenus, nous sommes évidemment impressionnés par le résultat, le décalage immense entre l’original émouvant aux couleurs étouffées et l’évocation de ce qu’il a dû être au moment de la création. Poignance de l’art en péril. [Mise à jour du 26-01-2009 : le site torutoru est inaccessible et protégé par un mot de passe].

Références dans WorldCat
– du livre : NHK Nagoya Hōsōkyoku, Tokugawa Bijutsukan, & Gotō Bijutsukan. (2005). Yomigaeru genji monogatari emaki. Nagoya: NHK Nagoya Hōsōkyoku.
– du DVD : NHK Chūbu Burēnzu, & NHK Entāpuraizu. (2006). Yomigaeru Genji Monogatari emaki. NHK supesharu. [Tokyo]: NHK Entāpuraizu.

Sources : Wikimedia Commons, Gotoh Museum
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: Choses qui ravissent, Genji Monogatari :

Dit du Genji - éditions Diane de Selliers
Prendre le coffret du Dit du Genji sur l’étagère de littérature japonaise, dans l’édition Diane de Selliers (2007), à côté de la précédente, aimée et déjà lue lentement, pendant des semaines, au fil des mots de René Sieffert (1988).

En sentir le poids. Choisir un tome.

Feuilleter. Détailler les étoffes, les vagues de Suma, les glycines, les belles-du-soir, les chevelures, les panneaux, cloisons, nuages d’or.

Lire quelques lignes, retrouver l’épisode.

Explorer encore. Et savoir qu’on reprendra la lecture, tranquillement, de la première à la dernière ligne.

En savoir plus : sur l’édition illustrée chez Diane de Selliers et prévoir de suivre une journée spéciale à la MCJP, pour célébrer le millénaire du livre de Murasaki Shikibu.

: Encore des parapluies : More umbrellas :

[fr] Un parapluie ne sert pas, à notre avis, qu’à se protéger. On peut lui reconnaître une fonction poétique (voir le précédent billet), mais aussi esthétique, et qualifiante, que cet attribut s’épanouisse sur le pavé de la City de Londres ou sous un chapiteau de cirque.

Quelques nouvelles variations, pour explorer derechef et en zig-zag, le magasin des accessoires :

  • le parapluie absent : il pleut, il a plu, il devrait avoir un parapluie, il y en a ailleurs… Mais ici l’homme court, graphique, et l’oeil de Cartier-Bresson arrête à jamais ce moment : France. Paris. Place de l’Europe. Gare Saint Lazare. 1932. Voir l’image © Magnum Photos.
  • la protection, les jambes et la couleur jaune : rien de plus publicitaire que cette association, avec une lisibilité immédiate mais un résultat inégal, sous une pluie battante plus ou moins convaincante. Les trois silhouettes un peu fantoches du Parapluie Revel ne peuvent rivaliser avec la scène pleine de vérité — et d’humour — des Voyageurs surpris par une soudaine averse, par Hiroshige.

Parapluie RevelHiroshige - Travellers surprised by sudden rain

  • l’attribut de l’artiste : impressionnant, exorbitant, pas du tout passe-partout, le parapluie géant d’Aleksandra Mir signe une démarche volontaire d’intervention dans la trame urbaine. Lien vers la page Big Umbrella ; ce projet a été réalisé en 2004. Images : © Aleksandra Mir

Big Umbrella in ParisBig Umbrella in LondonBig Umbrella in New York

  • la tradition et l’exotisme : tout dépend de quel côté on se place. Si les ombrelles vernissées se retrouvent dans les bagages des voyageurs en Extrême-Orient, les Japonais, en élisant le style de vie à l’occidentale à l’ère Meiji, se plaisent à en adopter les caractéristiques les plus marquantes (mode par exemple : costume masculin et robe à crinoline), et les accessoires singuliers, comme le parapluie.

Kunichika - Blue UmbrellaEnami - Umbrella Girl

  • l’irruption graphique : rien à voir avec la pluie, plutôt un surgissement d’objets vibrants, la floraison d’une héraldique spontanée et sauvage dans un champ banalement vert, au bord d’une eau turquoise.

Enami - Field of umbrellas

  • quant au mariage avec une machine à coudre…, c’est une autre histoire (et une citation complète, avec tout l’environnement de l’image mentale) :

il a seize ans et quatre mois ! Il est beau comme la rétractilité des serres des oiseaux rapaces ; ou encore, comme l’incertitude des mouvements musculaires dans les plaies des parties molles de la région cervicale postérieure ; ou plutôt, comme ce piège à rats perpétuel, toujours retendu par l’animal pris, qui peut prendre seul des rongeurs indéfiniment, et fonctionner même caché sous la paille ; et surtout, comme la rencontre fortuite sur une table de dissection d’une machine à coudre et d’un parapluie ! Mervyn, ce fils de la blonde Angleterre, vient de prendre chez son professeur une leçon d’escrime, et, enveloppé dans son tartan écossais, il retourne chez ses parents. (Isidore Ducasse, comte de Lautréamont, Les Chants de Maldoror, chant VI)

Sources des images : lua.weblog.com.pt (Parapluie Revel), Wikimedia Commons, http://www.aleksandramir.info, http://www.printsofjapan.com, http://www.t-enami.org
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: Cœur de pierre : StoneHeart : かけひき : Catherine Ginapé / Lafcadio Hearn 小泉 八雲 :

Coeur de pierre - (c) Catherine Ginapé, 2004

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[fr] Malgré les dénégations et la supplique d’un prisonnier condamné, rappelant au seigneur qui avait ordonné son exécution que son esprit courroucé se vengerait après sa mort, l’exécution eut lieu comme prévu et sa tête fut tranchée. La suite est étrange…
Inspirée d’une histoire de fantôme japonais, Cœur de pierre est un conte évoqué en images (Flash) par l’artiste Catherine Ginapé (animation), adaptation et musique de Béhel.
Pour le découvrir : suivre le lien Cœur de pierre sur le site holott.org, où l’on trouvera aussi plusieurs autres réalisations d’après des contes traditionnels. (lien autorisé par l’artiste)

La vignette est empruntée au site abdel-inn.com, avec les remerciements de FuroshikiBlog.

L’inspiration du conte est l’une des histoires du recueil publié par l’écrivain Lafcadio Hearn (1850-1904) sous le titre Kwaidan: Stories and Studies of Strange Things, publié en 1904 à Boston. La première édition en français date de 1910, ″Kvaidan″, ou Histoires et études de choses étranges…, Paris, 1910,  » Collection d’auteurs étrangers « , dans la traduction de Marc Logé. Plusieurs éditions depuis cette date, dont une en 1998 (Mercure de France).

En écho et en contrepoint, cette série d’images de bouddhas gravées sur pierre (sekibutsu), après une recherche sur les termes 石の心 : traduction littérale de « coeur de pierre », qui se révèle être sans lien avec le titre original du conte. Pour la surprise du rapprochement involontaire entre les termes (traduction automatique oblige) et la sérénité des figures. (c) Photographies de 和泉 賢治 ( Izumi . Kenji ), sur le site kitaalps.com.

「 聖観音 」 長野県小谷村親の原|

[en]
Follow this link Cœur de pierre (Stoneheart) to see an animated tale by French artist Catherine Ginapé, music by Béhel. Inspiration is from Lafcadio Hearn’s Kwaidan: Stories and Studies of Strange Things, first published in Boston, 1904 : Diplomacy.

[ja]
石の心 から 怪談 (小泉八雲) – かけひき(Diplomacy) – 小泉 八雲(こいずみ やくも、 1850年6月27日 – 1904年9月26日)
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: Richard Davies : solitude de nos vies rêvées :

[fr]

 » J’essaie d’exprimer la solitude immense, terrible et merveilleuse, tragique et comique dans laquelle nous vivons nos vies rêvées, nos rêves de la vie ou la beauté de la réalité que nous percevons par moment. » (Richard Davies)

(c) Richard Davies - Galerie Michèle Broutta, Paris (c) Richard Davies - Atelier René Tazé, 1983

Deux expositions récentes, toutes deux parisiennes, à la Galerie Michèle Broutta et à la Bibliothèque nationale de France, ont été consacrées au dessinateur et graveur gallois Richard Davies (1945-1991).

Malgré la présomption d’art difficile souvent attachée à l’estampe et aux artistes qui s’expriment par ce medium, l’enchantement — au sens fort, mais néanmoins bénéfique * — est entier, et il opère très vite. Le spectateur est attiré par ces scènes à la fois étranges et paisibles, tissées de regards, de gestes, de complaintes, rengaines, fanfares, et empreintes d’une poignante et frémissante beauté.

L’humain y est humain et universel. Bien que solitaire, un être y est rarement seul, mais en interaction silencieuse avec l’autre, les autres, la nature, les animaux, le spirituel. Même séparés, même éloignés, les fils ne sont pas rompus, le lien social est présent, il respire. L’espace vibrant de l’image (paysage ouvert, scène de cirque, route…) est rempli par ces « vies rêvées » qu’évoque l’artiste, avec la profondeur des désirs, des espoirs, des questions inachevées, et une tendresse inquiète qui ne se dit jamais.
On y voit aussi les griffures de la pointe sèche, le velouté de l’aquatinte, la gradation des teintes. Perséphone, comme emmurée, émerge lentement des états successifs de la manière noire, échappant aux demeures d’Hadès, au printemps renaissant, jusqu’à ce que, à nouveau, s’opère son involution irrémédiable dans les profondeurs chtoniennes : il suffit pour cela de regarder les gravures dans l’autre sens, avec la lenteur ou la vitesse que l’on souhaitera impulser au praxinoscope temporel.

Jamais cependant ces images ne nous sont apparues cruelles, malgré l’ « immense solitude » sur laquelle insistent nombre de commentateurs. On peut y lire, nous semble-t-il, une grande lucidité, l’amour des êtres simples, profonds, sincères, le goût de la vie infime et splendide, l’éphémère beauté de l’instant. En regardant un couple qui danse, on pense à Goya, mais sans la désespérance des Desparates ; ailleurs, ce sont Toulouse-Lautrec et Degas qui viennent à l’esprit, or, là, chez Davies, le regard est plein de bonté. Dans la planche Comme à l’abri, 1986, au seuil d’une salle inondée de jour, un homme vêtu de sombre va sortir du cadre : et c’est Gauguin qui surgit en mémoire (Autoportrait au Christ jaune, musée d’Orsay). La virtuosité exceptionnelle du graveur l’inscrit sans conteste parmi les maîtres de l’estampe et dans la continuité féconde des artistes créateurs. Qui voit et admire ces pièces enrichit son propre regard et sa perception du monde, des choses.

[* ENCHANTEMENT, subst. masc.
A. 1. Action d’enchanter. Synon. ensorcellement, envoûtement.
B. Par analogie, au figuré. 1. Pouvoir d’exercer sur l’homme une action mystérieuse et profonde analogue à un enchantement. Synon. attraction, fascination. Trésor de la langue française informatisé]

  • De la maison au bord de la route

(c) Richard Davies - De la maison au bord de la route, 1987 - BNF

Cette image est parmi nos préférées. Profonde et lumineuse comme un conte, avec une tendresse sauvage, elle est ouverte et paisible. L’être attend et peut s’envoler, la pensée est libre. Densité du mercure et légèreté de la plume, l’infini du monde dans un regard. Les pieds nus, la forêt (?) profonde. La maison, le rideau. Dedans et dehors. Les profils en lumière inversée, tous deux regardant dans le même sens.

Pour en savoir plus

  • Expositions 2008 et son atelier de gravure en taille douce

Inédits Galerie Michèle Broutta+ une estampeRichard Davies graveur BNFAtelier René Tazé et là aussi

  • Webographie : des textes enthousiastes

Chroniques de la BNFBrève L’HumanitéBlog Tempo Tango

  • Dossier de presse

Manifestampe

Source des images : Galerie Michèle Broutta, Atelier René Tazé, Bibliothèque nationale de France. Tous droits réservés © Richard Davies. Reproduction sur le site Furoshikiblog avec l’autorisation de l’ayant droit de l’artiste.

: Histoire d’histoires et de parapluies :

  • [fr] Si l’on vous sussurait à l’oreille un poème, (à l’aide d’un « rossignol », tube en carbone, en fibre de verre ou en carton d’1.80 m de long), que diriez-vous ?

Que c’est un moment rare, un moment volé au quotidien, que vous savourez enfermé dans une bulle créée par un parapluie noir et son ange élégant, adepte du Manifeste du chuchotement (2001). C’est alors là tout un monde ouvert pour vous par (Les) Souffleurs commandos poétiques.

les souffleurs, commandos poétiques - (c) Les Souffleurs (c) (Les) Souffleurs commandos poétiques, all rights reserved

Pour en savoir plus : le site en français, English, español

  • Si vous voyez des chiens noirs abrités sous des parapluies rouges…, il se peut bien que la pluie se transforme en déluge, et patatras, topsy-turvy, sans un mot, Anne Brouillard vous entraîne dans l’une de ses histoires étranges, publiées chez Syros jeunesse.

Anne Brouillard - Topsy-Turvy (c) Anne Brouillard, all rights reserved

  • Si dans une forêt de parapluies noirs, un regard est là, capturé par Guy Bourdin, rien que pour vous, allez-vous résister ?

Only I can see - (c) Guy Bourdin (c) Guy Bourdin, all rights reserved

  • Si enfin, elle et vous, parvenez dans ce jardin enneigé, qui pourra raconter votre histoire ?

Red umbrella couple - (c) www.photos-of-the-year.com (c) Unknown photograph, from http://www.photos-of-the-year.com, all rights reserved

sous le parapluie
coeurs en tourbillon emportés —
par amour ou par gel

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