: Choses qui parlent du temps :

[fr] La pluie abîme les fleurs, on le sait. Souvent, les roses blanches en héritent des rousseurs couleur sang très émouvantes. Parfois, les dégâts sont plus cruels. Et ces roses-là, blessées, ont-elles encore le souvenir de leur velouté ?

mardi 10 juillet 2012, Roseraie du Val de Marne, L’Haÿ les roses

lendemains d’orage
roses comme rombières fripées —
ah ! impermanence

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: Choses qui disent le printemps :

[fr] Naturellement, rien n’est davantage la couleur du printemps que la corète japonaise dont j’ai parlé dans un autre billet. Pourtant, hier une conjonction heureuse de trajectoires m’a permis de faire mentalement un bouquet de détails jaune vif que je vous livre ici.

mardi 20 mars 2012, 10 h 40 (Paris, Poterne des peupliers)

jaunes comme la cycliste
bas-côtés pleins de narcisses —
tramway de printemps

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Image Wikimedia Commons, Narcissus pseudonarcissus, photographiée en 2011 par Sapin88

: Nuit blanche, ah oui ? ah non ! :

[fr] Je vois se rapprocher depuis quelques jours la grande machine médiatique de la Nuit Blanche à Paris et cette manifestation, dont j’appréciais gaiement le principe à sa création en 2002, me désole aujourd’hui. Ce n’est pas encore le moment apparemment de la prise de conscience, ni du coup d’arrêt aux robinets de lumière qui déversent du blanc dans une nuit qui n’est plus malheureusement aujourd’hui noire que dans quelques lieux rares.

Nous en reparlerons dans quelques jours avec la seconde édition du Jour de la Nuit le 30 octobre prochain ! Préparez-vous alors à éteindre les lumières, à écouter les bruits nocturnes, à déambuler dans l’envers du jour. Et laissons la nuit blanche aux bouclages de thèse ou de projet, aux rêves des amoureux et autres traversées de l’horloge…

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Source de l’image : [Voie Lactée et Aiguilles d’Arves, galerie photo de Modesto Alexandre sur Flickr, en Creative Commons, 25 juillet 2009 : n’est plus accessible, mise à jour du 29 août 2011] > Seloncourt, © Astro400, sur le site du Jour de la Nuit.

: Claire Basler, fille des arbres :

[fr] J’ai mis du temps pour écrire ce billet, alors que je n’avais pas raté le rendez-vous organisé par Claire Basler pour ses amis, clients et fidèles, les 10 et 11 avril 2010, dans un lieu assez fait pour elle, l’Espace Commines, à Paris, dans le troisième arrondissement : murs blancs, beaux volumes, ce qu’il faut de poutrelles métalliques et d’éclairage zénithal pour s’imaginer dans un atelier et toujours ce beau souci de la nature invitée et en scène, en contrepoint des images que l’artiste offre aux regards.

C’est en effet un grand espace à verrière métallique qui accueillait cette exposition de printemps. Comme chaque fois, la nature et la peinture coexistent : grands vases avec d’immenses branches de cerisiers, de Magnolia soulangeana, de noisetiers tortueux. De grands pavots jaunes, de gros bouquets de soucis, des lys, aussi…

Et l’on regarde, en voisines, la peinture confrontée à sa sœur l’image vraie de la nature. Dans certains vases, l’eau commence à croupir. Il y a une belle odeur entêtante de fleurs blanches. Et sur les toiles, quelque chose comme la nature arrêtée en pleine danse, en mouvement ou en éphémère équilibre…

Alors avec plaisir on retrouve ce goût de Claire Basler pour les séries, et l’on s’y promène. Toujours les grands formats généreux.

Quelques échos : les anémones qui se marient aux graminées, les camaïeux de rose et de violet avec l’or bronze, des roses blanches dans le vent, le soulangeana sur fond argent. Je prends en photo et en pensée l’empreinte de ces quatre grands sépias qui cherchent l’esprit des graminées au bord de l’eau. Puis trois grands formats carrés, et encore quatre paysages de pins.

Sur les grands paravents, bouleaux et graminées, or et bronze. J’aime cette étude d’écorce, ces troncs mariés. Plusieurs arbres « remarquables ». Et enfin, cette plongée sous les frondaisons et l’échappée de lumière sous la voûte sombre, la forêt vivante, la forêt qui accueille, élève, nourrit l’esprit.

Je monte à l’étage, m’emplit d’une vision englobante, et emmène avec moi tous ces moments précieux.

: Camaïeu de verts : Colors of green : 葉叢(はむら) :

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[fr] Construire, avec des morceaux de nature, un grand tapis de verts, comme Kurita Kôichi aligne sur le sol des terres colorées multiples et subtiles.

Et admirer, à travers ces photos prises par Tanaka Juuyoh entre mars 2002 et octobre 2009 : wasabi, menthe, rizière, lotus, hosta, cryptomère, mousse, fougère…

Sans doute le printemps est-il vraiment la saison du vert, des verts, émergeant tendrement dans des fiançailles avec le blanc ou le rose, alors que l’été consacre leur rayonnement somptueux mais les fond davantage.

Pour voir la page originale de Tanaka Juuyoh (田中十洋), et son album Flickr sous licence Creative Commons, c’est ici !

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[en]

Follow the colors of green with details of pictures taken by Tanaka Juuyoh, leading to a leaves carpet: wasabi, mint, rice field, lotus, hosta, cryptomeria, moss, fern…

To see the original page: Tanaka Juuyoh (田中十洋), on Flickr, Creative Commons licence, here !

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[ja]

TANAKA Juuyoh – 田中十洋
Leaves carpet / 葉叢(はむら)
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: Choses apportées par le vent :

[fr] Beau déchaînement venteux ce jour et même depuis quelques jours. Du coup, de beaux tapis de feuilles accompagnent chaque matin nos pas, parfois traîtres et mouillés, souvent crissants et lumineux. Avec un peu plus de temps ce dimanche, l’idée de balayer quelques feuilles. Et le vent qui a l’air de se moquer, et fait valser l’à peine ramassé, mais en un tourbillon jaune, brun, rouge, si plaisant à regarder.

ramassant les feuilles
cette odeur de tarte aux pommes
par grand vent portée

La cloche de vent qui avait glissé, je lui fais reprendre sa place et elle m’accompagne. Plus tard, devant la maison, encore des feuilles.

rafales tout le jour
tapis de roi au couchant
belle soirée d’hiver

: La mémoire du ciel :

nuit

[fr] Le ciel nocturne est en danger, la pollution lumineuse augmente, étoiles et voie lactée sont moins visibles. Participons ensemble à l’événement du 24 octobre : Le jour de la nuit, pour une prise de conscience de la nécessité de sauvegarder le ciel et la biodiversité nocturne.

Pour mesurer l’envahissement de la nuit par l’éclairage humain, voir les images de la NASA prises par satellite : Visible Earth.

Voir les vidéos postées par Agir pour l’environnement.

Découvrir aussi Les ailes de la nuit, documentaire sur les chouettes et hiboux.

24 octobre 2009