: choses qui réjouissent :

[fr]

Enfin, aujourd’hui 22 juin 2013, le Fujisan est inscrit sur la Liste du patrimoine mondial de l’Unesco.

fujisan_unesco

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: l’été, choses qui rafraîchissent :

[fr] la nuit, l’été, la chaleur… Plus que jamais, les traditionnelles clochettes éoliennes fūrin (風鈴) sont omniprésentes.

samedi 20 août 2011, 23 h 30

nuit lourde et moite
économies obligent —
rêve de cloches de vent

dimanche 21 août 2011

parasol oublié
vite pieds nus sur la terrasse —
plus qu’enfin l’orage

Les images proviennent des galeries Flickr de kawabata – fūrin – et mloge – windbell – en Creative Commons.

: Ohno Kazuo – 大野一雄 / Mime Marceau – マルセル・マルソー :

[fr] Jetons une fragile passerelle entre la France et le Japon, nourrie de l’émotion créée par les grands artistes que sont Ohno Kazuo (1906-2010) et Marcel Marceau (1923-2007).

Tous deux de leur visage blanc marqué de noir, de leur corps éloquent, de tous leurs gestes et leur art poussé à l’extrême, disaient des choses vibrantes que tous pouvaient recevoir et entendre dans leur tréfonds le plus secret, par une écoute ouverte.

Aujourd’hui 17 juillet a eu lieu une cérémonie intitulée Bravo ! en hommage au danseur japonais. N’est-ce-pas une belle façon de célébrer leur art que de les associer dans ce billet ? Nous ne sommes pas dans les mêmes domaine et champ d’expression, mais le rapprochement me semble fécond.

Le mieux cependant est de les voir évoluer sur ces petites lucarnes embarquées qui nous restituent — en partie — la fleur de ce qu’ils ont exprimé en public. On trouve énormément de vidéos en cherchant. Pour Ohno, le mieux est quand même de consulter celles du site officiel, et de lire ces belles pages dans Vacarme et le NY Times. Pour le Mime Marceau, on recommandera une archive de la Télévision suisse romande.

Pour des questions de droits, il aura fallu renoncer à sélectionner une galerie de photos de ces artistes. Elle n’est pas difficile à retrouver en cherchant sur le web.

: Camaïeu de verts : Colors of green : 葉叢(はむら) :

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[fr] Construire, avec des morceaux de nature, un grand tapis de verts, comme Kurita Kôichi aligne sur le sol des terres colorées multiples et subtiles.

Et admirer, à travers ces photos prises par Tanaka Juuyoh entre mars 2002 et octobre 2009 : wasabi, menthe, rizière, lotus, hosta, cryptomère, mousse, fougère…

Sans doute le printemps est-il vraiment la saison du vert, des verts, émergeant tendrement dans des fiançailles avec le blanc ou le rose, alors que l’été consacre leur rayonnement somptueux mais les fond davantage.

Pour voir la page originale de Tanaka Juuyoh (田中十洋), et son album Flickr sous licence Creative Commons, c’est ici !

——
[en]

Follow the colors of green with details of pictures taken by Tanaka Juuyoh, leading to a leaves carpet: wasabi, mint, rice field, lotus, hosta, cryptomeria, moss, fern…

To see the original page: Tanaka Juuyoh (田中十洋), on Flickr, Creative Commons licence, here !

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[ja]

TANAKA Juuyoh – 田中十洋
Leaves carpet / 葉叢(はむら)
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: Choses d’hiver :

Asama-yama - cc Tanaka Juuyoh

[fr] L’hiver poétique a débuté depuis quelques jours : le 7 novembre, ainsi que le rappelle Seegan Mabesoone aux haikistes francophones.

Il était temps de mettre en place l’image d’en-tête saisonnière que voici là-haut. C’est une de mes préférées…

Et voici quelques-unes de ces choses d’hiver que je me plais à relever : plus souvent désormais la jolie « geisha » du Weather Pixie, dans la colonne de droite, enfilera son kosode vert olive, puis cet autre rouge profond à doublure jaune orangé, et à mesure que la température s’approchera de zéro, elle arborera le bleu très clair, couleur menthe glaciale.

Choses à sentir : l’odeur de la terre, l’air humide, la nuit qui tombe vite, le bonheur de la lampe quand on lit.

Marcher d’un pas vif, encore sans manteau.

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Source image :  galerie de photos Flicker de Tanaka Juuyoh : 田中十洋, licence Creative Commons. Photo prise le 7 novembre 2009.

: Nemuru Otoko : L’homme qui dort : Oguri Kōhei :

[fr] Un homme jeune dort depuis plusieurs semaines, après une chute en montagne. Ce film de Kōhei Oguri (小栗 康平, Oguri Kōhei), sorti en 1996, est une œuvre sereine, sans poids, sans dramatisme excessif. Autour de cet homme, face à la nature, entre la vie et la mort, frémissent les fils ténus ou puissants qui l’attachent à d’autres êtres.

sleeping_man

Au rythme du cœur, de l’eau qui coule, des heures du jour, scènes et personnages se situent par rapport au souffle ténu de l’homme qui dort. Images splendides :
– l’enfant qui regarde le dormeur
– la vieille mère lavant son fils inerte
– Tia face à la mer, puis Tia et Kamimura dans la cabane de la forêt
– l’intérieur du moulin à eau
– la forêt
– la pièce de nō en pleine nature
– la vapeur s’échappant de la surface du bain (onsen) déserté
– la lune, énorme
– le grand corps paisible, mort, en lien avec le jardin.

Pour en savoir plus, lire la présentation de l’œuvre sur le site Trigon-Film, où l’on peut commander le DVD.

Lire aussi de belles critiques sensibles, pour un chef d’œuvre que j’ai découvert il y a quelques années grâce à un cycle japonais sur Arte.

– Long et intéressant  article sur le site du Festival international du film de Berlin 1997 en anglais et allemand.

– Un autre commentaire, marquant en particulier la différence entre une approche des films comme un « touriste » ou comme un « voyageur » du cinéma, cette seconde manière seule à même « de comprendre, d’apprécier, d’aimer les films qui montrent des gens ordinaires, des vies ordinaires ». Sur le site some words some places : japanese and chinese film reviews.

Biographie du réalisateur (en japonais)

: Fileuse au pied du Fujisan :

[fr] Intrigante, cette photographie. Elle donne envie d’explorer et d’ouvrir toutes ses portes, aussi conventionnelles soient-elles.

Girl with spinning-wheel

Il s’agit d’une scène posée, prise dans l’atelier photographique T. Enami, à Yokohama. Sur le site (en anglais) consacré par Rob Oechsle au photographe Enami Nobukuni (江南 信國) , on apprend qu’il s’agit « d’une plaque pour lanterne magique, datant des années 1892-1895, utilisant en fond un décor de l’atelier du photographe ». L’image reproduite est un tirage sur papier albuminé (davantage de détails ici).

La jeune fille actionne un rouet à main posé sur le sol. Il est actionné de la main droite, tandis que la main gauche contrôle la torsion du fil avant qu’il ne s’enroule sur le fuseau. Difficile de savoir si le modèle avait une pratique de cette technique, ou si elle a simplement joué au mannequin… tout en regardant le photographe immortalisant sa pose, avec une image du Fujisan à l’arrière-plan, derrière les fusuma ouverts.

Autre étonnement : le motif ornant le kimono. On y voit un motif circulaire, qui évoque d’abord, sans trop chercher, l’image du chrysanthème (kiku). Mais en explorant les kamon, on se rend très vite compte que cela ne peut convenir car l’extrémité des éléments en cercle est retroussée. Ce n’est pas non plus un soleil. C’est en pensant à la roue que le motif se dévoile — peut-être — et ce avec d’autant plus de vraisemblance que le motif choisi serait alors vraiment en harmonie avec la scène photographiée. Ne serait-ce pas une roue en effet, mais alors celle du rouet, dont les pales en bois stylisées se déformeraient visuellement avec la vitesse ? Et les grandes lignes ornées de « virgules » qui courent verticalement sur le tissu du kimono, ne serait-ce pas le fil progressivement étiré, torsadé ? Je n’ai pas rencontré ce motif dans les listes consultées. En revanche, on peut rencontrer des bobines de fil ; ailleurs, un haori (récent) portant des motifs liés au filage : suivre ce lien. Qu’en pensez-vous : coïncidence ou volonté du photographe ?

Pour voir d’autres fileuses en action, on peut consulter l’intéressante collection de photographies anciennes de la bibliothèque de l’Université de Nagasaki, les voici en mini-galerie.
Cotton-spinning
An old couple spinning cotton
Two women loom cotton on a spinning wheel
Spinning
Spinning

Pour en savoir plus : voir ici un rouet assez proche actionné par une vieille fileuse népalaise. Le musée historique Toyota de la ville de Nagoya, consacré à l’industrie et à la technologie (Toyota Commemorative Museum of Industry and Technology), présente l’évolution des arts textiles au Japon, depuis le filage à la main, le rouet, le métier à tisser primitif (koshibata), jusqu’aux machines textiles les plus modernes. Voir la page en anglais et en japonais (avec photographies).

Sources : Le site de Rob Oechsle et les pages flickr sur T. Enami, Wikipedia, The Spinning Wheel Sleuth et ses faq, Japan Emblem Library, le musée Toyota de Nagoya (TCMIT) et les belles photos anciennes de l’Université de Nagasaki.
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