: Jardins, la voie de l’Occident :

Bambouseraie

[fr] Comme pour chacun de nos emprunts à l’art ou à la culture japonais, il nous faut, d’une certaine manière, dépasser le « complexe du gaijin », celui qui nous fait nous sentir tellement éloignés du modèle original, imaginé comme idéal, ou alors tellement épouvantés, écœurés que l’on puisse nous confondre avec la horde des touristes tout-venant que cela nous coupe l’envie d’essayer quoi que ce soit…
Pourtant, la « nipponité » dans la vie de tous les jours est à portée de chacun : pratiquer un art martial, enfiler un yukata, cultiver des bonsai, écrire des haiku, concevoir un tsuboniwa dans quelques mètres carrés de balcon citadin.

Et puis, surtout, certains occidentaux savent, à l’instar des Japonais eux-mêmes, pratiquer le syncrétisme culturel qui permet l’adaptation, l’évolution, la fidélité au modèle mais sans vénération exagérée et paralysante. Que ne suivons-nous leur exemple lorsque le doute nous prend ?

Comme avec Philippe Costa, qui est un « déverrouilleur » de doutes et qui sait encourager les haikistes francophones à se lancer dans l’aventure sans réfléchir mille fois, j’ai ressenti le même plaisir à lire L’esprit du Japon dans nos jardins de Jean-Paul Pigeat, publié aux éditions Ulmer en 2006.

Connaisseur et amateur du Japon, il a créé le Festival des jardins de Chaumont-sur-Loire, consacré à la dévolu à la recherche, à l’expérimentation et à la création contemporaine en matière de jardins et de paysage. On comprend dès lors qu’il se refuse à une admiration béate et à l’immobilisme face aux réalisations japonaises.

Le Japon lui était source d’inspiration. Faisons de même, sans pompiérisme, sans lanternes en pierre obligatoires ni shishi odoshi compliqué.

[Avec L’esprit du Japon dans nos jardins] Nous ne sommes (…) pas dans un jardin japonais mais ça en a furieusement l’esprit. C’est ainsi que ce livre a été conçu : ne pas copier servilement les poncifs du jardin japonais mais en rechercher l’esprit pour l’adapter à notre nature et à nos sensibilités.

Cette critique du livre de Pigeat sur le site du Conservatoire des jardins et paysages explicite bien sa démarche généreuse et créative. On peut aussi re-visiter les grands jardins d’ici qui nourrissent notre goût du Japon quand nous ne sommes pas là-bas… Maulévrier, Courances, Albert-Kahn, Bambouseraie, Erik Borja.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s