: Michael Kenna, l’Œil Haiku :

[fr] Grand coup de cœur au sortir de l’exposition consacrée à Michael Kenna, le premier jour de son ouverture au public et depuis, tant de temps passé avant d’en parler ?

Mais peut-être fallait-il laisser infuser ces images, le souvenir de cette galerie à la scénographie minimale et d’une rare intelligence, ces alignements de cadres carrés aux images en noir et blanc, ces photos-reliquaires laïcs de morceaux de beauté du monde ? D’autres ont déjà évoqué le lien avec le haiku et l’artiste lui-même y fait explicitement référence. Cependant, le rapprochement s’est installé tout de suite dans mon esprit, au cours de la visite, et c’est là que j’ai choisi le titre de ce billet. Puis, le billet a attendu…

Et aujourd’hui, je souhaite évoquer son œuvre avec les seules armes diaphanes de la mémoire, en me refusant à explorer, pour ce faire, aussi bien sites internet que catalogue, sans me nourrir d’images, sans confronter ma pensée à d’autres. Alors, de cette percolation aride qui se prive volontairement de son aliment, que ressort-il ?

Un vouloir-partager et faire connaître impérieux, un jaillissement nourri profondément et une révérence pour l’artiste et l’accomplissement dont témoigne son œuvre. Quelques traces à partager :

* la somptuosité du noir et blanc, celle qui fait que l’on aime la photographie, la gravure, la typographie. Mais aussi l’image choisie, isolée par un regard aigu : la neige, les terrils, l’encre, le sable, l’épeire, les rais de lumière dans les persiennes. Le noir et blanc profond et rigoureux, frémissant, avec son éventail de nuances. Et l’on pense au velouté du burin, de la pointe sèche non ébarbée, de la manière noire (quand elle est forte et virile) ; aux encres des livres et à l’élégance des types dessinés par quelques grands maîtres ; à la profondeur associée à la transparence dans les clichés argentiques…

* le langage révélé des lieux

* la saveur de l’impermanence

* la poésie et la fragilité des motifs, leur force, leur rudesse parfois, leur vérité

* la cohérence de l’artiste.

S’il fallait n’en choisir que cinq ou six, je dis là leur évocation et les liens pourront être ajoutés, qui sait, a posteriori :

– l’espace entre les courbes des tours nucléaires ; la Manhattan skyline ; un détail de matière dans la corderie ; des poteaux dans une étendue d’eau ; le char d’Apollon ; les alignements topiaires et surtout le buis non taillé ; l’arbre japonais, ayant la « forme du lettré » ; les montagnes de Huangshan…

© Michael Kenna

Source image :
Chariot of Apollo, Study 2, Versailles, France, 1996 – © Michael Kenna

Voyez, si vous le voulez bien, davantage sur le site officiel de Michael Kenna

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