: Claire Basler, dessins, la voie sereine :

[fr] Vous la connaissez depuis des années, vous aimez ses tableaux. Ses fleurs ont des allures, des envols, des éblouissements. Entre pourpres, orangés, roses profonds, bleus…

Allez voir Claire Basler au sept de la rue de Bourgogne, à Paris. Thierry Marchand organise dans sa galerie une exposition en deux temps. Du 10 avril au 13 mai : dessins. Puis viendront les peintures, du 14 mai au 30 juin.

Là, ce sont les dessins. Vous ne saviez à quoi vous attendre, quoique l’invitation vous en ait laissé deviner quelque chose. Les formats : toujours monumentaux, avec quelques séries plus petites. L’isolement des sujets dans l’espace du support, aussi, vous les retrouvez. Et cette attention aux fleurs qui penchent, aux herbes qui bruissent, aux branches qui foisonnent. C’est bien elle.
Dans la galerie, soir du vernissage, beaucoup de monde, de grands vases où embaument des lys et ces longues branches de cerisier qui installent un hanami parisien dans l’esthétique et l’atmosphère du lieu. Au milieu du brouhaha, vous absorbez lentement votre surprise. Curieuse impression de nudité.
© Claire Basler, Pavots

Alors vous reconnaissez là des soleils, ici des anémones et là encore des pavots. Et aussi ces futaies, créant au-dessus de votre tête l’arche des anciens chemins creux, ou ces masses diffusant pour vous seul l’appel infime de la forêt. Dans ces marécages, l’onde attend l’aube. Et tout ici a pris robe brune, sépia, grise, avec une sorte de sérénité silencieuse qui ne cesse de vous étonner, secrètement. Ce monochrome vous étreint, comme l’envers de la couleur que vous savez être si présente, si vibrante dans sa palette. Ici, Claire Basler a cherché encore plus loin l’unicité de l’être-tige, de l’être-corolle, de l’être-écorce. Vous prenez votre temps, car ces portraits dessinés parlent dans la volupté du blanc où ils respirent, dans les sauts de nuances — du gris au bistre, au brun pâle presque rosé –, dans l’accrochage sensible.
Que préférez-vous ? Ces cinq lys aux indolentes poses, qui se répondent et conversent ? Ces pins presque couchés ? Ces branchages gonflés comme des mandragores ? Ce panneau d’études où tout vous plaît (et pourtant le point rouge est déjà là, sur celui qui aurait été votre premier choix)…

Source image : © Claire Basler
En voir davantage sur son site.
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26 mai 2009 : Lire ce deuxième billet sur l’exposition de peintures de Claire Basler à la galerie Thierry Marchand

3 réflexions sur “: Claire Basler, dessins, la voie sereine :

  1. Le hasard m’a fait trouver votre blog,
    je tiens à vous remercier de la lecture extrèmement fine et sensible de mon univers, de votre belle expression poétique.

    Vous avez compris énormément de choses, merci de la passion avec laquelle vous transmettez mon travail.

    Claire Basler

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