: Encore des parapluies : More umbrellas :

[fr] Un parapluie ne sert pas, à notre avis, qu’à se protéger. On peut lui reconnaître une fonction poétique (voir le précédent billet), mais aussi esthétique, et qualifiante, que cet attribut s’épanouisse sur le pavé de la City de Londres ou sous un chapiteau de cirque.

Quelques nouvelles variations, pour explorer derechef et en zig-zag, le magasin des accessoires :

  • le parapluie absent : il pleut, il a plu, il devrait avoir un parapluie, il y en a ailleurs… Mais ici l’homme court, graphique, et l’oeil de Cartier-Bresson arrête à jamais ce moment : France. Paris. Place de l’Europe. Gare Saint Lazare. 1932. Voir l’image © Magnum Photos.
  • la protection, les jambes et la couleur jaune : rien de plus publicitaire que cette association, avec une lisibilité immédiate mais un résultat inégal, sous une pluie battante plus ou moins convaincante. Les trois silhouettes un peu fantoches du Parapluie Revel ne peuvent rivaliser avec la scène pleine de vérité — et d’humour — des Voyageurs surpris par une soudaine averse, par Hiroshige.

Parapluie RevelHiroshige - Travellers surprised by sudden rain

  • l’attribut de l’artiste : impressionnant, exorbitant, pas du tout passe-partout, le parapluie géant d’Aleksandra Mir signe une démarche volontaire d’intervention dans la trame urbaine. Lien vers la page Big Umbrella ; ce projet a été réalisé en 2004. Images : © Aleksandra Mir

Big Umbrella in ParisBig Umbrella in LondonBig Umbrella in New York

  • la tradition et l’exotisme : tout dépend de quel côté on se place. Si les ombrelles vernissées se retrouvent dans les bagages des voyageurs en Extrême-Orient, les Japonais, en élisant le style de vie à l’occidentale à l’ère Meiji, se plaisent à en adopter les caractéristiques les plus marquantes (mode par exemple : costume masculin et robe à crinoline), et les accessoires singuliers, comme le parapluie.

Kunichika - Blue UmbrellaEnami - Umbrella Girl

  • l’irruption graphique : rien à voir avec la pluie, plutôt un surgissement d’objets vibrants, la floraison d’une héraldique spontanée et sauvage dans un champ banalement vert, au bord d’une eau turquoise.

Enami - Field of umbrellas

  • quant au mariage avec une machine à coudre…, c’est une autre histoire (et une citation complète, avec tout l’environnement de l’image mentale) :

il a seize ans et quatre mois ! Il est beau comme la rétractilité des serres des oiseaux rapaces ; ou encore, comme l’incertitude des mouvements musculaires dans les plaies des parties molles de la région cervicale postérieure ; ou plutôt, comme ce piège à rats perpétuel, toujours retendu par l’animal pris, qui peut prendre seul des rongeurs indéfiniment, et fonctionner même caché sous la paille ; et surtout, comme la rencontre fortuite sur une table de dissection d’une machine à coudre et d’un parapluie ! Mervyn, ce fils de la blonde Angleterre, vient de prendre chez son professeur une leçon d’escrime, et, enveloppé dans son tartan écossais, il retourne chez ses parents. (Isidore Ducasse, comte de Lautréamont, Les Chants de Maldoror, chant VI)

Sources des images : lua.weblog.com.pt (Parapluie Revel), Wikimedia Commons, http://www.aleksandramir.info, http://www.printsofjapan.com, http://www.t-enami.org
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2 réflexions sur “: Encore des parapluies : More umbrellas :

  1. Vanessa, merci pour ta visite. Tisser des liens entre les différents moyens d’expression et provoquer des chocs d’images et d’idées est une activité réjouissante, non ?

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