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[fr] la nuit, l’été, la chaleur… Plus que jamais, les traditionnelles clochettes éoliennes fūrin (風鈴) sont omniprésentes.

samedi 20 août 2011, 23 h 30

nuit lourde et moite
économies obligent –
rêve de cloches de vent

dimanche 21 août 2011

parasol oublié
vite pieds nus sur la terrasse –
plus qu’enfin l’orage

Les images proviennent des galeries Flickr de kawabata – fūrin – et mloge – windbell – en Creative Commons.

: journée calme :

[fr] La ville très calme hier soir et le temps choisi qui s’étire. Grande plage de lecture avec Haruki Murakami : (ノルウェイの森 Noruwei no Mori) (rester dans le monde révélé par l’auteur : pas question d’aller voir le film récemment sorti en France).  Quelques bouquets de feu d’artifice dépassant des immeubles…

Réveil tôt, puis dormir encore. Mais c’est la pie qui la première…

jeudi 14 juillet, 9 h 45

vroum broum hélicos
pie bavarde — clac balac
quatorze juillet

Alors, prendre son temps.

jeudi 14 juillet, 10 h

terrasse calme
thé cris d’enfants et lecture
là-bas jour de fête

Pas trop de pétards encore. Vers 13 h, les engins militaires en convoi et les coups de klaxon. Du temps devant soi.

L’an dernier, c’était différent.

L’image est empruntée à la galerie Flickr de The Waxhead en Creative Commons : Magpie

: parfum de tilleuls :

[fr] Ah ! l’enveloppement soudain d’un parfum de plante ou d’arbre affluant en masse, lorsque l’on marche en ville. Ce peut être en tournant dans une rue, et de rencontrer une glycine débordant d’un muret dans la douceur du soir, ou en suivant une allée plantée d’arbres frères. Et quand elle se renouvelle, la surprise est d’autant plus agréable.

mardi 14 juin 2011, 10 h, Paris [et bien d'autres fois avant et après]

narines séduites
marchant dans l’odeur de miel
tilleuls sur le quai

—-

image empruntée à la galerie flickr de genevieveromier en CC (tilleul)

[fr] En descendant la rue Notre-Dame de Lorette, la voilà qui surgit à l’angle de deux rues, aussi impérieuse qu’inattendue. Quelle plaisante rencontre ! Elle me perce littéralement l’œil. Impossible de continuer en faisant semblant de ne pas l’avoir vue. Farfouiller dans le sac à dos, trouver l’appareil photo, prendre quelques clichés pendant que la batterie hoquète, rouge. J’en saurai plus bientôt…

lundi 11 avril 2011, 18 h 30, Paris

au coin de la rue
coquette grise et huppée
oiselle parisienne

Oiselle, oui, mais laquelle ? Huppe (Upupa epops) ? N’étant pas ornithologue, malgré quelques surfs compulsifs où je m’enferre, je remets la réponse à plus tard. N’empêche, j’en ferais bien l’héroïne d’une histoire. Patience…

En revanche, voilà quelques détails sur son géniteur, qui l’a laissée là, en compagnie d’autres street artists, un jour de 2011 : Goliath. Pour en savoir plus, suivre la piste de FatCap. Le petit bouddha dont la tête est coupée par le cadrage est de Sardine Animal. C’est dommage, j’entends bien, mais j’y reviendrai, j’ai pris d’autres photos.

: L’élision est un entrechat :

[fr] L’élision est un entrechat, ou un grand jeté, peu importe, mais c’est un envol qui vous empêche de stationner lourdement devant une voyelle, de rester rivé au sol de la ligne, les pieds plus que jamais chaussés de plomb.
Ne restez pas là, envolez-vous, l’apostrophe vous attire vers le haut, elle y est déjà accrochée et tangue comme un lustre un jour de grand bal.
Tout brille dans votre phrase, laissez-vous porter, parlez et écrivez léger ! (s’il vous plaît)

L’élision refuse l’embonpoint de la langue. Elle jette un crochet pointu et épicé vers le haut, et ouvrant une petite boutonnière discrète dans la redingote du mot voisin, s’y cramponne comme une clématite sauvage, lumineuse et irrésistible.

En savoir plus en lisant les règles de l’orthotypographe !

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Source de l’image : CC par ClareSnow sur Flickr (Clematis pubescens)

: Bouffée de nature :

[fr] La nuit, voir la voûte du ciel, s’emmitoufler, entendre toute la nuit vent et pluie, le matin à l’ouverture des volets saisir l’image fugace de l’oiseau qui n’attend pas l’appareil photo (tant pis pour l’image-témoin), revenir avec les vêtements boucanés au feu de bois…

vendredi 12 novembre 2010, 8 h 30

tchip tchip au réveil
virgule sur le cerisier
mésange d’hiver

Sur l’image, la mésange n’est plus qu’un souvenir. Consolez-vous avec les deux épingles à linge sur le fil, qui ne s’envoleront nullement. Mais la photo est authentiquement contemporaine de ce petit moment rare.

: Images instantanées :

[fr] Pas eu le temps de sortir mon appareil, et le moment était trop volatile, et moi trop dans la presse du moment, alors par les mots seulement, deux clichés récents de fin de journée automnale.

samedi 23 octobre, 19 h 30

branches au sol tombées
frémissant comme lièvres
après la bourrasque

vendredi 29 octobre, 18 h 15

juste un instant
liseré d’or de la ville –
soirée d’automne

: Nuit blanche, ah oui ? ah non ! :

[fr] Je vois se rapprocher depuis quelques jours la grande machine médiatique de la Nuit Blanche à Paris et cette manifestation, dont j’appréciais gaiement le principe à sa création en 2002, me désole aujourd’hui. Ce n’est pas encore le moment apparemment de la prise de conscience, ni du coup d’arrêt aux robinets de lumière qui déversent du blanc dans une nuit qui n’est plus malheureusement aujourd’hui noire que dans quelques lieux rares.

Nous en reparlerons dans quelques jours avec la seconde édition du Jour de la Nuit le 30 octobre prochain ! Préparez-vous alors à éteindre les lumières, à écouter les bruits nocturnes, à déambuler dans l’envers du jour. Et laissons la nuit blanche aux bouclages de thèse ou de projet, aux rêves des amoureux et autres traversées de l’horloge…

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Source de l’image : [Voie Lactée et Aiguilles d'Arves, galerie photo de Modesto Alexandre sur Flickr, en Creative Commons, 25 juillet 2009 : n'est plus accessible, mise à jour du 29 août 2011] > Seloncourt, © Astro400, sur le site du Jour de la Nuit.

: Choses d’automne :

[fr] Voir les jours baisser, mais sans trop de nostalgie car il fait encore bien beau. Attraper le premier gros rhume de l’année et traîner quinze jours une toux digne d’un roman naturaliste. Voir au sol les feuilles de platane. Profiter de mes graminées en touffes lumineuses. Guetter l’éclosion des sedums. Me réjouir déjà des prochains bonheurs : rouges, jaunes, bruns, frissonnants, crissants sous les semelles, en rondes folles dans les coups de vent et marcescents pour certains. Reprendre les longues marches mouillées sentant la terre et le bois. Et la nuit, regarder la lune…

Source de l’image : galerie Flickr de colodio, 10 novembre 2008, creative commons

Bambouseraie

[fr] Comme pour chacun de nos emprunts à l’art ou à la culture japonais, il nous faut, d’une certaine manière, dépasser le “complexe du gaijin”, celui qui nous fait nous sentir tellement éloignés du modèle original, imaginé comme idéal, ou alors tellement épouvantés, écœurés que l’on puisse nous confondre avec la horde des touristes tout-venant que cela nous coupe l’envie d’essayer quoi que ce soit…
Pourtant, la “nipponité” dans la vie de tous les jours est à portée de chacun : pratiquer un art martial, enfiler un yukata, cultiver des bonsai, écrire des haiku, concevoir un tsuboniwa dans quelques mètres carrés de balcon citadin.

Et puis, surtout, certains occidentaux savent, à l’instar des Japonais eux-mêmes, pratiquer le syncrétisme culturel qui permet l’adaptation, l’évolution, la fidélité au modèle mais sans vénération exagérée et paralysante. Que ne suivons-nous leur exemple lorsque le doute nous prend ?

Comme avec Philippe Costa, qui est un “déverrouilleur” de doutes et qui sait encourager les haikistes francophones à se lancer dans l’aventure sans réfléchir mille fois, j’ai ressenti le même plaisir à lire L’esprit du Japon dans nos jardins de Jean-Paul Pigeat, publié aux éditions Ulmer en 2006.

Connaisseur et amateur du Japon, il a créé le Festival des jardins de Chaumont-sur-Loire, consacré à la dévolu à la recherche, à l’expérimentation et à la création contemporaine en matière de jardins et de paysage. On comprend dès lors qu’il se refuse à une admiration béate et à l’immobilisme face aux réalisations japonaises.

Le Japon lui était source d’inspiration. Faisons de même, sans pompiérisme, sans lanternes en pierre obligatoires ni shishi odoshi compliqué.

[Avec L'esprit du Japon dans nos jardins] Nous ne sommes (…) pas dans un jardin japonais mais ça en a furieusement l’esprit. C’est ainsi que ce livre a été conçu : ne pas copier servilement les poncifs du jardin japonais mais en rechercher l’esprit pour l’adapter à notre nature et à nos sensibilités.

Cette critique du livre de Pigeat sur le site du Conservatoire des jardins et paysages explicite bien sa démarche généreuse et créative. On peut aussi re-visiter les grands jardins d’ici qui nourrissent notre goût du Japon quand nous ne sommes pas là-bas… Maulévrier, Courances, Albert-Kahn, Bambouseraie, Erik Borja.

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