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: Parfum blanc :

[fr] dimanche 28 juin, 20.10

après la chaleur
du magnolia les blanches fleurs
soir d’été — la brise

magnolia 2009

[fr] Deuxième volet de l’exposition de printemps à la galerie Thierry Marchand : après ses dessins, ce sont les peintures récentes de Claire Basler que vous pouvez — devez — aller voir, vite, jusqu’au 30 juin !

claire basler dune 1 - 2009

En arrivant sur la place du Palais-Bourbon,vous prenez le trottoir où est situé le fleuriste Moulié et, au passage, absorbez un grand frisson de fleurs sublimes, serrées dans des vases hauts, comme des friandises intouchables. Puis, rue de Bourgogne, le numéro sept, entrez… Le soir du vernissage, de grandes branches de charme (?) et des bouquets de pivoines blanches, et du monde, des conversations, le sourire de Claire Basler.

Dans la pièce de gauche, la grande cimaise avec quatre rangées de neuf portraits de pavots, blancs, jaunes, carmins. Pressés, alertes, alanguis, ils déploient leurs multiples beautés, sollicitant le regard, juchés sur leurs tiges. Les grandes graminées ondoyant sur les dunes offrent ailleurs leur frais fouillis poétique, libre. À l’étage, vous retrouvez cette atmosphère recueillie qui sied si bien aux œuvres : murs plus proches, accrochage sensible. Variations sur des roses blanches, mais aussi triptyque où des pavots rose chair au cœur cramoisi dansent avec des fleurs de carotte. Et toujours, cette impression de rencontrer des êtres, de croiser du regard des portraits de fleurs…

Le bonheur de retrouver quelques dessins, comme une empreinte tendre, un peu secrète, généreusement dévoilée il y a quelques semaines ici même. Était-ce l’étape de maturation ou le repos entre les grandes aventures peintes, je ne sais, mais leur profondeur touche autant. Vous vous perdez aussi dans d’autres panneaux avec des graminées dans le vent. Et pas loin, sur fond argent, les calices roses sur des branches nues de Magnolia x soulangeana. Mais est-ce bien de ces fleurs-là qu’il s’agit ? Souvent vous doutez, car ces fleurs-là ne sont pas “décrites”, elles sont captées et données au regard, entières et infidèles, car reflets de l’instant. Et vous avez longtemps l’impression de ne pas savoir si ce sont des roses ou des pivoines, des pavots ou des anémones, comme si l’on ne savait pas assez bien regarder, pas comme elle, l’écouteuse des fleurs.

Devant le sous-bois, vous imaginez un monde de fées et de sylvains, mais ils ne sont qu’inventés par vous. Ce paysage d’eau cependant, raconte une histoire. C’est le jour, l’atmosphère est assez sombre, et voir danser ces anémones violacées surgies des eaux vous évoque, au premier chef, des scènes plus maléfiques et d’anciennes terreurs populaires. Rien de tout cela cependant, serait-ce un clin d’œil amusé de l’artiste ? Elle a déjà offert à des iris de jardin un décor de hautes futaies, il y a quelque temps. Le pont vers le fantastique n’est ici nullement franchi, ni même emprunté. Vous pensez alors, en regardant plus longuement, que dans ce paysage aquatique, les fleurs ont choisi leur scène. Les anémones s’émancipent et désirent être là, danser là. Et comme nous avions tout à l’heure des portraits de fleurs, ce sont des scènes de fleurs qui s’offrent à votre imaginaire.

Revenez maintenant dans la galerie du rez-de-chaussée. Vous êtes prêt à prendre en pleine face le bal des lys et des œillets (?). Ailleurs, on vous parlera de combat. N’en croyez rien, sauf si l’artiste le confirme. Et vous le savez bien, ses tableaux portent rarement des titres. Si c’est un combat, il l’est alors à la manière baroque, celle des madrigaux guerriers et amoureux de Monteverdi. Dolentes, combattives, amoureuses, caressantes, féroces ou meurtries, à vous de choisir. En fond, l’horizon brumeux et liquide qui soutient et accueille l’assemblée de ces belles fleurs animées…

Source image : © Claire Basler

Quel plaisir de relever et marquer le passage des saisons, en changeant l’image-torii de son site, en célébrant les fêtes traditionnelles par un billet, un clin d’œil, un pense-bête dans son agenda !

encore pâle iris
tout droit bossu et ventru
violet en promesse

Iris en chemin

corbeilles de l’année
tulipes se haussant du col
les passants admirent

couleurs municipales

[fr] Vous la connaissez depuis des années, vous aimez ses tableaux. Ses fleurs ont des allures, des envols, des éblouissements. Entre pourpres, orangés, roses profonds, bleus…

Allez voir Claire Basler au sept de la rue de Bourgogne, à Paris. Thierry Marchand organise dans sa galerie une exposition en deux temps. Du 10 avril au 13 mai : dessins. Puis viendront les peintures, du 14 mai au 30 juin.

Là, ce sont les dessins. Vous ne saviez à quoi vous attendre, quoique l’invitation vous en laissé deviner quelque chose. Les formats : toujours monumentaux, avec quelques séries plus petites. L’isolement des sujets dans l’espace du support, aussi, vous les retrouvez. Et cette attention aux fleurs qui penchent, aux herbes qui bruissent, aux branches qui foisonnent. C’est bien elle.
Dans la galerie, soir du vernissage, beaucoup de monde, de grands vases où embaument des lys et ces longues branches de cerisier qui installent un hanami parisien dans l’esthétique et l’atmosphère du lieu. Au milieu du brouhaha, vous absorbez lentement votre surprise. Curieuse impression de nudité.
© Claire Basler, Pavots

Alors vous reconnaissez là des soleils, ici des anémones et là encore des pavots. Et aussi ces futaies, créant au-dessus de votre tête l’arche des anciens chemins creux, ou ces masses diffusant pour vous seul l’appel infime de la forêt. Dans ces marécages, l’onde attend l’aube. Et tout ici a pris robe brune, sépia, grise, avec une sorte de sérénité silencieuse qui ne cesse de vous étonner, secrètement. Ce monochrome vous étreint, comme l’envers de la couleur que vous savez être si présente, si vibrante dans sa palette. Ici, Claire Basler a cherché encore plus loin l’unicité de l’être-tige, de l’être-corolle, de l’être-écorce. Vous prenez votre temps, car ces portraits dessinés parlent dans la volupté du blanc où ils respirent, dans les sauts de nuances — du gris au bistre, au brun pâle presque rosé –, dans l’accrochage sensible.
Que préférez-vous ? Ces cinq lys aux indolentes poses, qui se répondent et conversent ? Ces pins presque couchés ? Ces branchages gonflés comme des mandragores ? Ce panneau d’études où tout vous plaît (et pourtant le point rouge est déjà là, sur celui qui aurait été votre premier choix)…

Source image : © Claire Basler
En voir davantage sur son site.
——
26 mai 2009 : Lire ce deuxième billet sur l’exposition de peintures de Claire Basler à la galerie Thierry Marchand

[fr] En dehors du fait qu’il gratouille souvent le jardin là où je n’aime pas, ce merle-là passe son temps à chanter.

Merle chantant

que chantes-tu là
toute la journée sur le mur
merle de pâques

infatigable
surplombant l’après-midi paisible
merle au gosier d’or

Source image : Wikimedia Commons

Merle, à l’aube, Lille, France, mai 2005

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collection-de-terres1

[fr]

Kurita Kôichi – 栗田宏一

Chacun des moments, chacune des actions, expositions, manifestations… de cet artiste japonais né en 1962 dans la préfecture de Yamanashi (Honshū) est un concentré du monde dans quelques poignées de terre. Sa démarche, apparemment minimale, est raisonnée, rigoureuse et entièrement cohérente.

La terre existe en un nombre illimité de couleurs, qui sont dues aux combinaisons complexes de différentes formes de vie.

On ne s’étonnera sans doute pas de découvrir chez un artiste japonais une attention aussi grande aux choses de la nature, et à l’élément le plus humble, le plus ignoré : la terre aux couleurs multiples. Dans cette vidéo, tournée à l’occasion de sa présentation “De la terre à la terre”, à Poitiers en 2008, la démarche de Kurita Kôichi transparaît, lumineuse, évidente, avec un pouvoir de conviction très fort et très serein.

Pour en savoir plus, nous avons listé ci-après une série de liens commentés pour découvrir le travail et les réalisations de Kurita, “collecteur de sols”, à travers quelques glanes, reflets très incomplets de son parcours.

  • Site personnel de Kurita Kôichi

Soil Library : carnet journalier de l’artiste, en ligne, avec biographie et liste des expositions, notes photographiques, instantanés d’émotions, archivage de poignées de terres, etc. En anglais et japonais.

On peut y voir par exemple, dans un récent billet, les lieux de la préfecture de Niigata, au Japon, où des échantillons ont été prélevés. La collection de terres de Kurita Kôichi, du monde entier, se compte en dizaines de milliers…

Soils in Japan

  • Livre pour la jeunesse

[Couleurs de la terre au Japon] Colors of soil in Japan

by Koichi Kurita, illustrated by Koichi Kurita. Tokyo, Fukuinkan Shoten Publishers, 2006. Titre original : たくさんのふしぎ – 土の色って、どんな色?Ouvrage publié en japonais.

De quelle couleur est la terre, à ton avis ? Noire ? Marron ? Fais davantage attention à l’endroit qui te porte, où tu te tiens debout. Tu seras surpris de découvrir que la terre a plein de couleurs différentes. Ouvre ce livre et ce livre ouvrira tes yeux aux multiples couleurs de la terre. Lis-le et puis, regarde autour de toi. Prends plaisir à découvrir les couleurs des terres dans le livre et dans la nature. Tu vois, elles ne sont pas seulement brunes, mais jaunes, grises, roses et même blanches !

  • 1996

Memory of the soil : documentaire de Shiozaki Toshiko, présenté au Yamagata International Documentary Film Festival. Texte en anglais.

  • 2001

Portrait : fiche de l’émission télévisée du 23 novembre 2001 par MBS (Mainichi Brodcasting System). Texte en japonais et diaporama de huit photographies, dont une devant sa “bibliothèque de terres”.

  • 2002

Exposition personnelle : Inax, Gallery 2, Tokyo, Japon. Sélection de terres japonaises, à partir d’une collection d’environ 10 000 échantillons. Photos. Texte en japonais.

  • 2004

Exposition Yellow : Meguro Museum of art, Tokyo, Japon. Parmi d’autres objets naturels et artistiques autour de la couleur jaune, comme des cristaux de soufre, boîtes décorées inrō, kimonos brodés, peintures, la collection de terres colorées : “1000 yellows” de Kurita. Photos. Texte en japonais.

Exposition petites natures ? : Maison de la culture du Japon, Paris, France. Installations de Kôichi Kurita et Yoshihiro Suda, à l’occasion du premier programme d’artistes en résidence de la MCJP. Il s’agit de la première présentation de ses œuvres en dehors du Japon. Le petit catalogue est encore disponible (6 €), avec un beau texte de Dominique Truco.

  • 2005

The Kyoto Shimbun : Article sur la démarche de l’artiste et ses installations au temple Honen-in et au Kyoto Art center : alignements coniques et rectangulaires de terres colorées et, plus rare, chemin de vingt-cinq fleurs blanches de camélia devant la statue du bouddha Amitabha. Photos et texte en japonais.

Exposition personnelle : Minokamo City Museum, Gifu, Japon. Le public est invité à participer à la collecte des terres du district du Tōkai. En dehors de l’aspect esthétique, l’accent est mis sur la terre “sous nos pieds”. Ateliers de découverte. Photos et texte en japonais.

Kôichi Kurita, filmé par David Guedj : Arte, Die Nacht / La Nuit, #44, diffusion le 27 septembre 2005. Voir un lumineux extrait du film (real video – 5mn06)

Biennale d’art contemporain de Melle : Melle, France. Terres de France et de Poitou-Charentes. À cette date, on évoque le nombre de 32 000 prélèvements effectués par Kurita dans le monde.

Chaque prélèvement n’excède jamais une poignée de terre. Elle sera séchée, broyée, tamisée, répertoriée puis conservée pour augmenter la gamme chromatique sans cesse croissante, matière première de minimalistes « mandalas » composés par Kôichi Kurita. La couleur est aussi une matière : calcite, oxyde, kaolinite, bauxite, plomb noir…

  • 2006

Echigo-Tsumari Art Triennial, Niigata. Voir un témoignage de la réalisation de Kurita Kôichi, photographiée par l-v-l le 2 août 2006, en ligne sur son compte flickr, en licence Creative Commons.

  • 2006-2007

Projet de Bibliothèque de terres du Poitou-Charentes [et] De la Terre à la Terre : Poitiers, France. Invité par la ville de Poitiers, Kurita développe le projet initié en 2005 à la Biennale de Melle. En voir plusieurs échos :

L’Actualité Poitou-Charentes

Académie de Poitiers

et le bel hommage au “ramasseur nomade des sols” par François Bon dans le tiers livre, avec des photographies de Dominique Truco et Kasuko Kurita.

(…) Il s’est posé comme un oiseau, là où la tension de la terre est telle que rien ne signale plus son propre poids, sa propre emprise. Il est armé de l’absolue non arme, non pas bêche ni pelle ni rien d’aratoire, mais l’humilité de cette cupule de bambou, venue aussi de ses temples. On dirait, la cupule pleine, dans le geste du danseur, ou le mouvement d’acrobate de l’homme oiseau se séparant de l’univers tellurique, qu’il remercie de l’offertoire : non pas lui qui a pris, mais la terre qui a donné. (…)

  • 2007

The Museum of Modern Art, Wakayama, Japon. Evocation sur un blog (en japonais) d’un atelier animé par l’artiste. Son attention au public et ses qualités pédagogiques sont très visibles sur les photographies prises dans ce type d’intervention.

  • 2008

Art Court Gallery, Osaka. Notice en anglais et photographie d’une belle collection de terres alignées dans des tubes bouchés par du liège.

  • 2009

Terres du Centre, centre de la Terre : Abbaye de Noirlac, France

Du 1er août au 20 septembre 2009

Cet artiste japonais de renommée internationale collecte depuis 1991 des milliers d’échantillons de terre du monde entier. Par son œuvre, il donne à voir l’étendue de la beauté de la terre et l’incroyable diversité de ses palettes chromatiques, infinies et naturelles. Invité en résidence à l’abbaye de Noirlac, il constituera une « Bibliothèque des terres du Centre de la France » qu’il présentera tout l’été dans certains espaces de l’abbaye.

——
[en]

Kurita Kôichi – 栗田宏一

Kurita Kôichi’s manner, actions and exhibitions are all related to the soil. In each colored handfull from many varieties of soil, this Japanese artist considers the very image of nature, and of the entire world. His life has been dedicated to creating his Soil Library.

There are unlimited colors in soil caused by the complex combinations of various forms of life.

  • Here are some details about his artistic project.

Soil Library : personal blog, with biography, lists of exhibitions, works in residence and daily photographic memories. In English and Japanese.

Colors of soil in Japan by Koichi Kurita, illustrated by Koichi Kurita. Tokyo, Fukuinkan Shoten Publishers, 2006. Original title : たくさんのふしぎ – 土の色って、どんな色. Published in Japanese.

What color, do you think, soil is? Black? Brown? Pay closer attention to what you stand upon, and you will be surprised to realize that there are many different colors of soil. Open the book and this book will open your eyes to the colors of soil. Read on and look around, enjoy the variety of the colors of soil in and out of the book; they are not just brown, but yellow, gray, pink and even white!

Memory of the soil : by Shiozaki Toshiko, Yamagata International Documentary Film Festival, 1996. English and Japanese presentation.

Memory of the soil

An unpretentious documentary centering on the lives of two conceptual artists and potters in Kofu, Japan. The film shows them as they shape and fire clay pots, search for sacred round stones, collect soil samples for their exhibits, and hunt for ancient pottery fragments in a nearby field. By the end, the viewers too will be fascinated by the soil’s long memory, its traces of life and culture, its myriad colors and textures.

Portrait : TV brodcast on November 23, 2001 by MBS (Mainichi Brodcasting System). Japanese text and gallery of 8 photographs, one of them showing Kurita in front of his “soil library”.
——
[ja]

土の記憶 – 栗田宏一

  • 1996

土の記憶 監督:塩崎登史子

  • 2001

第47回 2001年11月23日 ”栗田宏一”

  • 2003

「国際芸術センター青森」

秋のプログラム アーティスト・イン・レジデンス

佐々木宏子展1967-2002

2002年9月14日-10月6日

日本女性会議2002あおもり併催事業

ジェンダーとグローバリズム/柔らかな普遍性

[fr] Écouter ce samedi 28 mars, dans Projection privée, Emmanuelle Riva parler avec Michel Ciment sur France-Culture. Évocation de sa rencontre avec Alain Resnais, du tournage en 1958 du film Hiroshima mon amour, de son immersion totale dans Hiroshima en reconstruction, de l’énergie qu’elle ressentait, des enfants souriants et de la multitude de photos qu’elle avait prise alors.

Écouter sa voix et rappeler en soi, de ce film vu il y a assez longtemps,ce qui remonte à la mémoire. Quelles traces ? S’interdire de chercher sur internet quoi que ce soit avant d’avoir écrit ces quelques lignes : le noir et blanc, les déambulations du couple, émouvant, la quasi absence de paroles, la construction d’une bulle intemporelle, l’urgence et la poignance de l’amour. Elle : le visage penché, encadré des cheveux lâchés. Lui : grave, tendre.

hiroshima_mon_amour-2

Chercher alors un photogramme, en choisir deux et les charger dans ce billet. Épure incandescente de l’image. Se rappeler le texte de Duras. Se souvenir un peu plus du film comme un trésor rayonnant et inaltérable. Comme une lame de sabre. Ressentir là un pont entre France et Japon…

Elle : Emmanuelle Riva. Lui : Okada Eiji 岡田英次

hiroshima_mon_amour

Les photos prises par Emmanuelle Riva, qu’elle avait gardées si longtemps sans beaucoup les montrer, sont à l’origine du livre Tu n’as rien vu à Hiroshima qui vient de sortir aux éditions Gallimard.

Plus sur le film (en japonais et en anglais) sur le site de l’Osaka European film Festival.

À venir, du 14 au 18 avril, à la Maison de la culture du Japon à Paris, pour le cinquantenaire du film, une projection de Hiroshima mon amour, avec un programme de films japonais tournés entre 1945 et 1958, et une exposition des photographies d’Emmanuelle Riva. À ne pas rater !

Photos : © Argos Films

Les photographies d’Emmanuelle Riva ont été publiées pour la première fois en 2008 au Japon, par Inscript, sous le titre : Hiroshima 1958, by Emmanuelle Riva.

Hiroshima 1958

: Alain Bashung :

[fr]

amour mélodie
crève-cœur — si loin aujourd’hui
pétales de cerisier

: Choses vues en soirée :

[fr]

là presque ronde
tremblante dans un ciel myope
lune de printemps

Hina- orange
[fr] Chaque année, quelques semaines avant le 3 mars, les moteurs de recherche frémissent d’interrogations sur l’une des fêtes les plus connues hors du Japon, dite “Fête des poupées” ou “Fête des filles”. C’est le festival dit Hina Matsuri, dont nous avons déjà parlé plusieurs fois : Hina1Hina2Hina3.

Le mois qui précède le 3e jour du 3e mois est un moment d’attente et de préparation, pendant lequel les petites filles se préparent pour cette fête qui leur est réservée, dite fête des poupées (hina matsuri) ou fête des fleurs de pêcher (momo no sekku). Les fillettes sont vêtues de kimonos et l’exposition des poupées précieuses sur des présentoirs à étages peut occuper une pièce entière, comme en témoigne cette ancienne photographie, extraite des collections numérisées de la New York Public Library (n° 1253761), où plusieurs séries de poupées, représentant le couple impérial et les personnages de la cour de l’ère Heian, sont exposées avec tous leurs accessoires, traditionnellement flanquées de deux arbres en pot : un mandarinier et un cerisier en fleurs. La pièce n’étant pas vue en entier, on imagine d’autres présentoirs vers la droite. On y voit aussi sur la gauche, d’autres poupées, et des raquettes décorées (hagoita) alignées contre le meuble.

1253761. New York Public Library

Parfois, ce sont de minuscules personnages qui évoquent le couple impérial : l’empereur (お内裏さま, O-Dairi-sama) et l’impératrice (お雛さま, O-Hina-sama), comme dans cette photographie. Dans les livres d’origami, on trouvera aisément des modèles pour l’ensemble des personnages : l’empereur, l’impératrice, les trois dames de cour, les cinq musiciens, les deux ministres, ainsi que pour divers objets (lanternes, accessoires), etc. Le pliage reproduit ici, simplissime, n’en est pas moins ravissant.
Hinamatsuri - origami

On trouve aussi beaucoup de vidéos en ligne sur la fête du 3 mars, dont celle-ci, mise en ligne sur DailyMotion, qui montre l’installation raffinée d’un ensemble à 3 niveaux.

Source images : photos FuroshikiBlog, New York Public Library
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