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: Souhaits pour la planète :

[fr] Période des vœux, cartes et cadeaux en pâte de haricot… Pourquoi ne pas en réunir un petit paquet, emballé dans un furoshiki écolo, de ces quelques souhaits à partager pour la planète ? Ce ne peut qu’être tout bénéfice pour chacun de nous et incitation à en proposer d’autres. Je commence par quelques-uns, après ce sera votre tour, en commentaire ou en billets-relais, pour lancer l’idée et en récolter, qui sait, un certain nombre…

Ruches

1. Installer une ruche. Vous pouvez découvrir l’expérience de Lucas Falchero en pleine ville, en cliquant .

2. Voyager — loin — à vélo, en prenant son temps et en ouvrant les yeux. C’est, sans compter sa peine ni ses chances de découvrir de belles choses, une autre manière de « Grand Tour » qu’ont expérimentée les deux vaillants Tandonautes que voilà !

3. Se préoccuper du sort des petites îles et des risques de submersion marine. Pour en savoir plus, suivre les travaux et regardez les cartes du Global Sea Level Observing System (GLOSS).
Pour revenir aux « tout premiers commencements », rappelez-vous comment les îles sont nées, dans la cosmogonie japonaise. Au premier livre du Kojiki (Chronique des choses anciennes), adviennent la consolidation de la Terre et la naissance des îles par l’action des deux divinités Izanaki-no-Mikoto et Izanami-no-Mikoto : « Alors que ces deux kami se tenaient sur le Pont Flottant du Ciel, ils plongèrent la hallebarde divine, l’agitèrent en cercle dans le ciel marin et la retirèrent en faisant clapoter l’eau. À ce moment-là, les gouttes salées qui tombaient de la hallebarde se superposèrent et devinrent des îles. Ainsi naquit l’île d’Onogoro. » (traduction de Masumi et Maryse Shibata, Paris, Maisonneuve et Larose, 1969, 1997, p. 65)

4. Voir le monde avec les yeux du clown — *< : o) — et en révéler la beauté, et si nécessaire, en dénoncer l’imposture.

5. Lire, parfois, de grands poètes. De ceux qui dénudent et arrachent des images aux murs de leur nuit, avec du « vin hurlant comme des clés qui auraient ouvert au goût du basalte », mais aussi des mêmes qui témoignent de la plus infinie tendresse du jour où ils ont pu être touchés par un « écho de la rose aux cent feuilles ». Sur cette femme-là, on peut lire : « elle les faisait fleurir de sa nuque nue ». Ici, celui qui dit et que je cite est Vladimír Holan, poète tchèque (1905-1980).

: P. Sidoides à la fenêtre :

[fr] samedi 19 décembre, 11.20

haussant ses tiges
de pelargonium frileux –
pour voir la neige

Pelatrgonium sidoides

: Michael Kenna, l’Œil Haiku :

[fr] Grand coup de cœur au sortir de l’exposition consacrée à Michael Kenna, le premier jour de son ouverture au public et depuis, tant de temps passé avant d’en parler ?

Mais peut-être fallait-il laisser infuser ces images, le souvenir de cette galerie à la scénographie minimale et d’une rare intelligence, ces alignements de cadres carrés aux images en noir et blanc, ces photos-reliquaires laïcs de morceaux de beauté du monde ? D’autres ont déjà évoqué le lien avec le haiku et l’artiste lui-même y fait explicitement référence. Cependant, le rapprochement s’est installé tout de suite dans mon esprit, au cours de la visite, et c’est là que j’ai choisi le titre de ce billet. Puis, le billet a attendu…

Et aujourd’hui, je souhaite évoquer son œuvre avec les seules armes diaphanes de la mémoire, en me refusant à explorer, pour ce faire, aussi bien sites internet que catalogue, sans me nourrir d’images, sans confronter ma pensée à d’autres. Alors, de cette percolation aride qui se prive volontairement de son aliment, que ressort-il ?

Un vouloir-partager et faire connaître impérieux, un jaillissement nourri profondément et une révérence pour l’artiste et l’accomplissement dont témoigne son œuvre. Quelques traces à partager :

* la somptuosité du noir et blanc, celle qui fait que l’on aime la photographie, la gravure, la typographie. Mais aussi l’image choisie, isolée par un regard aigu : la neige, les terrils, l’encre, le sable, l’épeire, les rais de lumière dans les persiennes. Le noir et blanc profond et rigoureux, frémissant, avec son éventail de nuances. Et l’on pense au velouté du burin, de la pointe sèche non ébarbée, de la manière noire (quand elle est forte et virile) ; aux encres des livres et à l’élégance des types dessinés par quelques grands maîtres ; à la profondeur associée à la transparence dans les clichés argentiques…

* le langage révélé des lieux

* la saveur de l’impermanence

* la poésie et la fragilité des motifs, leur force, leur rudesse parfois, leur vérité

* la cohérence de l’artiste.

S’il fallait n’en choisir que cinq ou six, je dis là leur évocation et les liens pourront être ajoutés, qui sait, a posteriori :

- l’espace entre les courbes des tours nucléaires ; la Manhattan skyline ; un détail de matière dans la corderie ; des poteaux dans une étendue d’eau ; le char d’Apollon ; les alignements topiaires et surtout le buis non taillé ; l’arbre japonais, ayant la « forme du lettré » ; les montagnes de Huangshan…

© Michael Kenna

Source image :
Chariot of Apollo, Study 2, Versailles, France, 1996 – © Michael Kenna

Voyez, si vous le voulez bien, davantage sur le site officiel de Michael Kenna

: Choses désolantes :

[fr] Choses désolantes, choses qui serrent le cœur, qui feraient presque baisser les bras.
Vous avez vu, comme moi, les puits presque à sec, et les files vues du ciel, la soupe de glace fondue, les coraux couleur de lait, les chiffres cramoisis. Les deltas inondés…

Tsunami, Flood at Taj Mahal 2050AD

Cependant, il y a beaucoup à faire avant de s’enfoncer la tête dans le sable ou de danser sur l’estrade en feu :

Lire, se documenter, agir dans l’instant, dans les choses minuscules et irrémédiables.

En parler, y croire, ne cesser d’agir encore.

Intergovernmental Panel of Climate Change

Courrier international

Home, film de Yann Arthus-Bertrand, 2009

Scarlett Hooft
——–
Source image : Photo de PriyadarshiC, licence Creative commons sur Flickr

: Choses apportées par le vent :

[fr] Beau déchaînement venteux ce jour et même depuis quelques jours. Du coup, de beaux tapis de feuilles accompagnent chaque matin nos pas, parfois traîtres et mouillés, souvent crissants et lumineux. Avec un peu plus de temps ce dimanche, l’idée de balayer quelques feuilles. Et le vent qui a l’air de se moquer, et fait valser l’à peine ramassé, mais en un tourbillon jaune, brun, rouge, si plaisant à regarder.

ramassant les feuilles
cette odeur de tarte aux pommes
par grand vent portée

La cloche de vent qui avait glissé, je lui fais reprendre sa place et elle m’accompagne. Plus tard, devant la maison, encore des feuilles.

rafales tout le jour
tapis de roi au couchant
belle soirée d’hiver

: Choses d’hiver :

Asama-yama - cc Tanaka Juuyoh

[fr] L’hiver poétique a débuté depuis quelques jours : le 7 novembre, ainsi que le rappelle Seegan Mabesoone aux haikistes francophones.

Il était temps de mettre en place l’image d’en-tête saisonnière que voici là-haut. C’est une de mes préférées…

Et voici quelques-unes de ces choses d’hiver que je me plais à relever : plus souvent désormais la jolie « geisha » du Weather Pixie, dans la colonne de droite, enfilera son kosode vert olive, puis cet autre rouge profond à doublure jaune orangé, et à mesure que la température s’approchera de zéro, elle arborera le bleu très clair, couleur menthe glaciale.

Choses à sentir : l’odeur de la terre, l’air humide, la nuit qui tombe vite, le bonheur de la lampe quand on lit.

Marcher d’un pas vif, encore sans manteau.

——–

Source image :  galerie de photos Flicker de Tanaka Juuyoh : 田中十洋, licence Creative Commons. Photo prise le 7 novembre 2009.

[fr] Un homme jeune dort depuis plusieurs semaines, après une chute en montagne. Ce film de Kōhei Oguri (小栗 康平, Oguri Kōhei), sorti en 1996, est une œuvre sereine, sans poids, sans dramatisme excessif. Autour de cet homme, face à la nature, entre la vie et la mort, frémissent les fils ténus ou puissants qui l’attachent à d’autres êtres.

sleeping_man

Au rythme du cœur, de l’eau qui coule, des heures du jour, scènes et personnages se situent par rapport au souffle ténu de l’homme qui dort. Images splendides :
- l’enfant qui regarde le dormeur
- la vieille mère lavant son fils inerte
- Tia face à la mer, puis Tia et Kamimura dans la cabane de la forêt
- l’intérieur du moulin à eau
- la forêt
- la pièce de nō en pleine nature
- la vapeur s’échappant de la surface du bain (onsen) déserté
- la lune, énorme
- le grand corps paisible, mort, en lien avec le jardin.

Pour en savoir plus, lire la présentation de l’œuvre sur le site Trigon-Film, où l’on peut commander le DVD.

Lire aussi de belles critiques sensibles, pour un chef d’œuvre que j’ai découvert il y a quelques années grâce à un cycle japonais sur Arte.

- Long et intéressant  article sur le site du Festival international du film de Berlin 1997 en anglais et allemand.

- Un autre commentaire, marquant en particulier la différence entre une approche des films comme un « touriste » ou comme un « voyageur » du cinéma, cette seconde manière seule à même « de comprendre, d’apprécier, d’aimer les films qui montrent des gens ordinaires, des vies ordinaires ». Sur le site some words some places : japanese and chinese film reviews.

Biographie du réalisateur (en japonais)

: La mémoire du ciel :

nuit

[fr] Le ciel nocturne est en danger, la pollution lumineuse augmente, étoiles et voie lactée sont moins visibles. Participons ensemble à l’événement du 24 octobre : Le jour de la nuit, pour une prise de conscience de la nécessité de sauvegarder le ciel et la biodiversité nocturne.

Pour mesurer l’envahissement de la nuit par l’éclairage humain, voir les images de la NASA prises par satellite : Visible Earth.

Voir les vidéos postées par Agir pour l’environnement.

Découvrir aussi Les ailes de la nuit, documentaire sur les chouettes et hiboux.

24 octobre 2009

: Comme une lanterne usée :

[fr] vendredi 9 octobre, 9.30

penchant la tête
fanée comme une vieille lanterne
rose de fin d’automne

[fr] Il y a, dans la colonne latérale de FuroshikiBlog bien des traces de ses intérêts (voir les nuages de mots-clés et de catégories) et des sites souvent visités et appréciés. Or, la journée mondiale du blog (310gDay) requiert une mise en valeur plus subtile, plus recherchée : des blogs plus lointains, moins attendus de ses lecteurs et de leurs goûts souvent déjà partagés. En effet, qui ne retrouve pas sur les sites de sa blogoliste au moins une part d’adresses communes ?

Malgré l’envie que j’en avais, j’ai exclu les sites les plus proches de l’univers de ce blog, tout ce qui était de loin ou de près lié au Japon, et même les quelques FavLinks au champ un peu plus étendu, et que je devrais bien compléter… Pour respecter la règle prescrite, je n’ai pu non plus vous présenter des sites que j’apprécie, car blogs point ne sont.

Alors ? Des liens qui font voyager, préconise la page d’accueil de BlogDay. J’en connais plein, particulièrement des photoblogs, dont l’un des plus connus est sans doute [daily dose of imagery]. Mais de tels blogs sont forcément hors concours, de même que les divas à 1 ou 2 chiffres dans les compteurs de notoriété, car où résideraient la surprise et l’incitation à découvrir, si chacun ne choisissait que les géants de la blogosphère ? Sur mon agrégateur de liens préféré, l’adresse de [daily dose...] a été sélectionnée par plus de 4 600 internautes. C’est ainsi, au milieu de mes nombreuses pépites sauvegardées depuis plusieurs années, dont des centaines de blogs, que j’ai recherché mes 5 propositions du 31 août 2009, que voici.

apresmoiledeluge

  • Après moi le déluge

Le titre de ce blog m’enchante. Hispano-lusitanien, Après moi le déluge se présente comme « (une oasis) de nourritures culturelles en ligne pour les masses affamées » (on line, recursos culturales para las masas hambrientas). Éclectique et écrit à plusieurs mains, j’apprécie particulièrement les instantanés photographiques, assez dans l’esprit des haiku, ainsi que les articles autour de l’art. Après moi le déluge était en sommeil, mais vient de se réveiller. Souhaitons-lui de l’énergie pour amasser d’autres trésors…

  • filoblogiaFiloBlogia

Il s’agit là d’un blog consacré par Ricardo Gómez à la linguistique et philologie basques. FiloBlogia est assez loin de mes préoccupations apparentes et je ne lis ni ne comprends le basque… alors, pourquoi ? D’abord parce que j’ai découvert très tôt ce site en sauvegardant mes favoris sur Delicious. Cet épisode est représentatif de la manière dont on s’enrichit en explorant les liens déposés par d’autres internautes, par rebonds à partir d’étiquettes, ou par capillarité, ou encore par pure curiosité. J’ai découvert un dictionnaire spécialisé grâce à lui, puis d’autres, dans le domaine hispanique, tout en voyant fleurir des mots basques alentour… Qui sait, après le japonais, j’apprendrai peut-être le basque. Muchas gracias, Ricardo !

  • ystad daily photoYstad Daily Photo

Voilà un photoblog sensible et chaleureux, publié par un jeune photographe suédois, Fredrik Ekblad, qui vit à Ystad, au bord de la mer et écrit en anglais. J’ai découvert ce blog en faisant une recherche d’images sur un lieu précis en Suède. Dans Ystad Daily Photo, vous trouverez aussi bien des paysages superbes, des détails poétiques, que des tranches de vie, de l’humour… une attention au monde et au temps qui passe.

  • bezembindersillustratedlinksBezembinder’s illustrated links

Le blog néerlandais d’Eduard Bezembinger est une mine d’images étonnantes, très graphiques, colorées, parfois kitsch, hyperréalistes, ou encore oniriques. Uniquement graphique, « because words are boring » (parce que les mots, c’est l’ennui), Bezembinder’s illustrated links vous réservera des surprises à chaque page. Le plan du site est.

  • balletdesnationsBallet des Nations

Là aussi, c’est le plaisir de rencontrer un titre de blog en français, tout en le découvrant écrit en une autre langue. Ballet des Nations « un fotoliu, o ciocolata calda si clavecinul zburand prin salon… » (un fauteuil, du chocolat chaud et les notes légères d’un clavecin) est écrit en roumain, mais c’est une langue latine et elle se laisse plus facilement apprivoiser que d’autres. Découvert très récemment, il me plaît d’y retrouver l’esprit de l’époque baroque et la liste des ensembles de musiciens que j’écoute toute la journée ou presque, même si FuroshikiBlog parle rarement de musique, car toutes les passions n’empruntent pas les mêmes chemins.

31ogDay! à suivre sur le site : BlogDay.

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